Les « Galeries de la Capitale » ▪ Partie 3 : Une réponse …

QuébecTribune Castafiore Bianca 001

Le jour où la direction des « Galeries de la Capitale », ce véritable émissaire du luxe québécois, adressera une honnête réponse à ses propres locataires, ainsi qu’à sa distinguée clientèle, nous nous ferons le plaisir de publier celle-ci en nos murs, soit ici même …

… d’ici là, bien des boutiquiers auront dû plier bagage, car ainsi va l’impitoyable réalité du show-business des affaires. Un spectacle doit savoir évoluer, doit savoir s’adapter aux réels goûts du public afin de pouvoir vivre, mais pour cela, faut-il encore que le directeur artistique élu d’office sache respecter les artisans de sa propre troupe tout en sachant tout autant accepter une certaine critique dite constructive !

Mr Le Contribuable

N.B. Mlle Bianca Castafiore, cantatrice italienne de renom, est régulièrement surnommée par la presse internationale comme étant « Le Rossignol milanais ».

Photo : Le sceptre d’Ottokar / Mlle Bianca Castafiore / Studios Hergé

Les « Galeries de la Capitale » ▪ Partie 2 : Une réaction …

QuébecTribune Elwes Cary 001

La lettre ouverte ( Note 1 ) publiée lors de notre dernière intervention s’inscrit parfaitement dans la ligne éditoriale du présent site, car au-delà du contenu, il y a toujours le contenant, l’essence d’une même histoire, cette histoire qui est inlassablement la nôtre. Pour faire suite à la décision des « Galeries de la Capitale » d’imposer de nouvelles heures d’ouverture à sa distinguée clientèle, il y eut le mécontentement. Celui qui imbibe les conversations d’un homme ivre sans mener à de plus concrètes actions. Gérants et superviseurs persiflèrent, se regardèrent, et attendirent la venue d’un « Robin Hood » ( Note 2 ) sans même réaliser qu’une voix unie aurait eu bien plus d’impétuosité que l’épée d’un homme seul, en collant de surcroît. S’il avait s’agit d’une prise de pouvoir, notre parlement porterait désormais le nom de « Palais du shérif de Nottingham » ( Note 3 ), notre drapeau serait en cendre, et l’envahisseur normand sillonnerait nos rues dans l’indifférence la plus totale pendant que nous persisterions à nous demander qui prendrait le contrôle de qui dans le prochain épisode de Dallas.

Il y eut bien quelques efforts isolés, mais personne ne voulut quitter la quiétude de sa petite boutique afin de connaître l’aventure d’une quelconque tentative d’émancipation ? Les boutiquiers abdiquèrent sans même avoir levé une plume bien aiguisée, le combat était désormais chose du passé. Tous avaient attendu une improbable initiative venant de son voisin, mais personne ne voulut être le premier à porter une action, ne serait-ce pour créer une association de commerçants, ne serait-ce pour se donner les outils d’une éventuelle prochaine confrontation.

Mr André Ouellet ( Note 4 ), un simple vendeur du « Leclerc chaussures » des « Galeries », fut l’un des rares à vouloir confronter sa vision de commerçant locataire à celle de Mr Rossignol sur les ondes d’une station radiophonique bien connue de Québec, mais on lui refusa l’accès en studio, et suite à une cavalière coupure de ligne, l’ensemble des travailleurs des « Galeries de la Capitale » fut grossièrement qualifié de « Loser » par un annonceur supposément encore libre de pensé. Malheureusement, Mr Rossignol ne s’opposa jamais à de tels propos tenus contre l’ensemble de ces hommes et de ces femmes qui permettent quotidiennement à son petit royaume d’exister. Sans doute, ne les avait-il pas saisi au vol, et ce fut là, le début d’une bien cureuse valses médiatiques.

Il ne fallait pas demander aux locataires si leurs ventes étaient bonnes ou pas depuis ledit changement d’horaire, car les ventes augmentent toujours à pareille date de chaque année, mais il aurait été bien plus représentatif de demander pourquoi cette période n’avait-elle pas été nettement mieux qu’à l’accoutumée étant donné qu’en plus du nouvel horaire supposément des plus attendu par la population de Québec, des sommes colossales avaient tant été investies dans une campagne publicitaire tous azimuts ? Je pense que si la rentabilité avait réellement été au rendez-vous, certains commerçants penseraient actuellement à ouvrir plutôt qu’à fermer !

En grande pompe, on commença par annoncer l’ouverture prochaine d’une belle brochette de boutiques haut de gamme tout en banalisant le départ du bien populaire « Dollarama » qui semblait, je vous le rappelle, grandement répondre aux besoins de la clientèle et des marchands de la place. Naturellement, une boutique Michael Kors, c’est bien beau, mais ça ne vous donne pas un sac de croustilles pour autant lorsque vous avez le goût d’en engloutir un ! Serait-ce le shérif qui refusa la cour du roi aux petits vendeurs de patates, car n’étant point de nobles commerçants pour pareil endroit ? La question ne fut jamais posée ! Pire, aucun journaliste ne réalisa ou n’osa réaliser qu’il n’y avait pas plus de chemisiers à 400 tomates chez « Forever 21 » que chez « Hennes & Mauritz » ! Alors, pourquoi parler de « boutiques de luxe » plutôt que de parler de « boutiques à prix abordables » ? Comment expliquer le fond de pareil message tout en sachant qu’il y avait déjà trois bijouteries de fermées depuis le tout début des travaux de rénovation, si ce n’est que par la présence d’une clientèle devant vivre dans un monde bien réel à mille lieues d’un endroit n’étant bercé que par d’improbables contes pour enfants !

Et nos médias en allèrent d’une première vox populi où l’on questionna cette vieille dame. Celle qui arrive à chaque matin dans l’unique but de s’asseoir à l’air de restauration afin de lire son roman préféré tout en voyant des gens passer. Un bon fauteuil constituant le seul besoin de cette vieille dame qui ne consommera, en définitive, absolument rien. On alla tout autant questionner ce brave père de famille. Celui qui arrive en début d‘après-midi afin de bénéficier d’un réseau Wi-Fi gratuit tout en envoyant ses mômes dans des manèges dont l’accès est encore gratuit. Un bon fauteuil constituant le seul besoin de ce jeune homme qui ne consommera, en définitive, absolument rien. Désireux de questionner tout le monde, on finira par ce boutiquier d’un îlot ( Encore un îlot ! ), toujours le même. Celui qui se dit grandement satisfait de pareille initiative tout en omettant de spécifier que son produit se vend, de par sa nature, bien mieux au cours de l’été, et sans spécifier que celui-ci craint, avant tout, son prochain renouvellement de bail, car les îlots n’auraient apparemment plus la cote aux « Galeries ». Une vox populi qui ne dit rien, tout en disant tout de par ce que l’on oublia de dire.

Tout le monde sait qu’une image vaut mille mots, mais que dire de cet extrait vidéo diffusé en plein milieu du bulletin de nouvelles afin de révéler la frénésie des lieux ? Cela aurait été une bien bonne couverture si cela n’avait été que l’extrait vidéo en question était une vidéo d’archives filmée bien avant le début de tous travaux. Des travaux que l’on ne voit d’ailleurs jamais ? Ni à la télé ? Ni dans les journaux ? Ni sur le web ? Des travaux qui faute d’exister, ne peuvent donc avoir de répercussions pour les locataires et leurs clientèles désireuses de faire des affaires dans un cadre environnemental plus ou moins convenable ( La poussière et le bruit étant actuellement à la source de nombreuses plaintes envers la direction du centre ). Certes, le stationnement était bien plein, je l’ai vu sur une photo publiée dans un grand quotidien de Québec ! Il est toutefois amusant de remarquer que l’auteur de cettedite photo ne remarqua jamais que lorsque son appareil fit « clic », le stationnement de proximité était grandement limité de par le fait que la porte B du niveau 1 ainsi que l’ancienne porte extérieure du défunt « Target » étaient, toutes deux, encore condamnées. Tous ceux qui se stationnaient, autrefois, à ces deux sections étaient donc maintenant contraints de déplacer leur véhicule à une autre section, et rendant, de par le fait même, ces mêmes nouvelles sections un peu plus denses qu’autrefois.

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La vérité n’est pas toujours ce qu’elle semble être, et les quelques propos tenus au cours de nos deux dernières interventions auraient donc facilement pu être le fruit d’une quelconque plume bien aiguisée, car nombreux furent ceux qui eurent de semblables questionnements face à la présente couverture médiatique ayant entouré la modification des heures d’ouverture aux « Galeries de la Capitale », mais très peu le firent ! Pourquoi ? Par peur de perdre un éventuel généreux commanditaire ? Je ne le sais pas, mais j’aimerais toutefois rappeler les quelques extraits qui suivent à notre gent journalistique, car il y eut, dans notre petit compte, tellement d’efforts promotionnels qui furent déployés que c’est à se demander qui souhaitait réellement le plus une telle modification des heures d’ouverture aux « Galeries ». La clientèle des « Galeries » ou la direction des « Galeries » ?

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Mais avant tout, rappelons-nous qu’à partir du lundi 1er juin 2015, la direction des « Galeries de la Capitale » décida unilatéralement de concrètement modifier ses heures d’ouverture. De ce fait, un grand nombre de ressources fut aussitôt alloué à une campagne promotionnelle visant à encourager le magasinage en soirée. Publicité postale dans plus de 123 000 foyers ciblés, commandite de la météo au bulletin d’informations de début de soirée, placement radiophonique dans 5 stations de la vieille Capitale, publicité en région ( Saguenay et Trois-Rivières ) et affichage à divers endroits tels que l’aéroport international de Québec et certains abribus du RTC, etc.

Extraits du document « Droits et responsabilité de la presse » déjà diffusé par le Conseil de presse du Québec

Responsabilités de la presse :

Il est aussi de la responsabilité des entreprises de presse et des journalistes de se montrer prudents et attentifs aux tentatives de manipulation de l’information. Ils doivent faire preuve d’une extrême vigilance pour éviter de devenir, même à leur insu, les complices de personnes, de groupes ou d’instances qui ont intérêt à les exploiter pour imposer leurs idées ou encore pour orienter et influencer l’information au service de leurs intérêts propres, au détriment d’une information complète et impartiale … Cette responsabilité englobe l’ensemble de ce qu’ils publient ou diffusent : les informations journalistiques, la présentation et l’illustration de l’information, les commentaires et les informations provenant du public auxquels ils accordent espace et temps d’antenne, ainsi que les réclames et les annonces publicitaires.

Conflits d’intérêts :

Les entreprises de presse et les journalistes doivent éviter les conflits d’intérêts. Ils doivent, au surplus, éviter toute situation qui risque de les faire paraître en conflit d’intérêts, ou donner l’impression qu’ils ont partie liée avec des intérêts particuliers ou quelque pouvoir politique, financier ou autre … Il est essentiel que les principes éthiques en la matière, et que les règles de conduite professionnelle qui en découlent, soient respectés rigoureusement par les entreprises de presse et les journalistes dans l’exercice de leurs fonctions. Même si l’information transmise respecte les critères d’intégrité et d’impartialité, il importe de souligner que l’apparence de conflit d’intérêts s’avère aussi préjudiciable que les conflits d’intérêts réels.

Information et publicité :

Il relève de la prérogative de l’éditeur d’établir la politique d’un organe d’information en matière de publicité. Toutefois, en regard du rôle de la presse en matière d’information et en vertu du droit du public à l’information, les préoccupations commerciales et économiques qui peuvent présider au choix de la publicité publiée ou diffusée ne doivent en aucun cas influencer la politique rédactionnelle des organes d’information. Les médias doivent établir une distinction nette entre l’information et la publicité sur tous les plans : contenu, présentation, illustration. Tout manquement à cet égard est porteur de confusion auprès du public quant à la nature de l’information qu’il croit recevoir … Les médias et les journalistes doivent éviter de faire de la publicité déguisée ou indirecte dans leur traitement de l’information ou de se faire les publicistes ou les promoteurs de quelque cause, produit, activité, événement culturel ou sportif que ce soit. Les médias devraient être particulièrement vigilants en traitant les événements à caractère promotionnel qu’ils commanditent pour éviter toute confusion entre leurs activités commerciales et le traitement impartial de l’information.

Devoirs à l’égard de l’accès du public aux médias :

Les médias et les professionnels de l’information doivent encourager la libre circulation des idées et l’expression du plus grand nombre de points de vue, soit en publiant les lettres des lecteurs, des documents, des communiqués, des opinions, des études, des sondages ou des analyses, soit en réservant au public des périodes sur les ondes. De tels espaces ou temps d’antenne favorisent le débat démocratique et diversifient l’information.

En d’autres mots, les organes de presse doivent porter une attention particulière afin de ne pas devenir les porte-parole de qui que ce soit. Cette question est primordiale pour une démocratie, car imaginez le potentiel de persuasion d’une information biaisée, mais présentée comme étant « vrai » au sein d’un bulletin de nouvelles dit sérieux ? Dans de telles conditions, jusqu’où pourrait s’étendre, en période électorale, le pouvoir d’un parti politique disposant d’un financement occulte sans fin ? … Jusqu’où pourrait s’étendre, en période référendaire, le pouvoir d’une fédération disposant d’un financement occulte sans fin ( Note 5 ) ? … Jacques Parizeau n’est plus ! Dieu est son âme ( Note 6 ).

QuébecTribune Galeries de la Capitale 005

En attendant, regardez bien la photo précédente, et portez une attention particulière sur le fait que toutes les bannières commerciales du premier niveau ne pourront désormais plus être visibles du deuxième niveau suite aux actuelles rénovations. Si seulement il y avait une association de commerçants pour discuter « perte de visibilité » avec cette administration sans écoute, l’avenir semblerait peut-être moins gris pour la plupart des commerçants de ce centre.

Mr Le Contribuable

N.B. Pour tous ceux qui travaillent dans le monde merveilleux de la vente, il peut être extrêmement difficile d’avouer sa propre incapacité à contrôler son niveau de vente, et ce, même si cedit niveau est parfois sous l’influence directe de certaines contraintes extérieures à l’entreprise, car ce serait là, un apparent désaveu de sa propre équipe face à une équipe concurrente. Du coup, tous se regardent en démontrant une bien futile confiance en soi, car dans les faits, l’herbe n’est parfois pas plus verte chez le concurrent.

Note 1 : La lettre en question ne fut jamais publiée dans un grand quotidien, et ce, même si celle-ci semblait constituer une certaine unanimité autour de son contenu.

Note 2 : Le pseudonyme anglophone de « Robin Hood » signifie littéralement « Robin la Capuche » et non pas « Robin des Bois » tel que la grande ressemblance entre les mots « hood » et « wood » purent aisément le laisser croire au fil du temps. Toutefois, le mot « hood » pourrait tout autant provenir du mot « truand » en anglais. Lors de la première mention d’un « Robehod » dans un document judiciaire de 1228, nous apprenions que ledit homme serait mis en prison pour non-paiement d’une dette ou d’une amende. La majorité des autres références datèrent de la fin du XIIIième siècle, soit entre 1261 et 1300.

Note 3 : considéré comme étant le principal ennemi de Robin des bois, le shérif de Nottingham avait pour mission d’assurer la sécurité sur les routes commerciales dans la région de la forêt de Sherwood. Il pourchassait donc les brigands sur les terres du roi Richard tout en s’entourant, parfois, du seigneur Guy de Gisbourne ou du Prince Jean, mais ce n’est point pour lui que battra, en définitive, le petit cœur de la belle Marianne.

Note 4 : Aux premières heures de ce conflit qui ne connut jamais de véritable envol, Mr André Ouellet fut celui qui mit sur pied une campagne de contestation via une pétition contre l’ouverture des « Galeries de la Capitale » lors des lundis, mardis et mercredis en soirée. Toutefois, cette liste de signataires ne fut curieusement jamais publiquement remise à la direction du centre.

Note 5 : La Commission du juge John Gomery et celle du juge Bernard Grenier vinrent prouver qu’il y avait déjà eu du financement occulte au Québec, et ce, tant en période électorale qu’en période référendaire. Les derniers propos de l’ex-maire de Québec, Mr Jean Pelletier, ne vinrent que confirmer le tout lors de son dernier entretien avec le quotidien « Le Soleil ».

Note 6 : Jacques Parizeau fut, sans contredit, l’un de ceux qui donnèrent à chaque Québécois les véritables outils économiques ( La Société générale de financement en 1962 et la Caisse de dépôt et placement du Québec en 1965 ) leur permettant de réellement porter leur province vers une autonomie concrète ( Ne pas lire indépendance ). Malheureusement, celui-ci décéda le lundi 1er juin 2015 dernier. Il avait alors 84 ans.

Photo : Robin Hood : Men in Tights / Robin Hood / Mr Cary Elwes

Photo : Perspective / Galeries de la Capitale

Photo : Perspective / Galeries de la Capitale

Photo : Perspective / Galeries de la Capitale

Photo : Perspective / Galeries de la Capitale

Photo : Perspective / Galeries de la Capitale

Les « Galeries de la Capitale » ▪ Partie 1 : Une lettre …

Rappelons-nous qu’à partir du lundi 1er juin 2015, la direction des « Galeries de la Capitale » décida unilatéralement de devenir le tout premier centre commercial de la grande région de Québec à concrètement modifier ses heures d’ouverture dans le but d’être désormais plus accessible en soirée, et ce, plus particulièrement du lundi au mercredi. De ce fait, un grand nombre de ressources fut aussitôt alloué à une campagne promotionnelle visant à encourager le magasinage en soirée. Publicité postale dans plus de 123 000 foyers ciblés, commandite de la météo au bulletin d’informations de début de soirée, placement radiophonique dans 5 stations de la vieille Capitale, publicité en région ( Saguenay et Trois-Rivières ) et affichage à divers endroits tels que l’aéroport international de Québec et certains abribus du RTC, etc.

Toutefois, pareille opération ne fit apparemment pas l’affaire de tout le monde. Voici donc la copie d’une lettre ouverte circulant actuellement auprès de certains boutiquiers des « Galeries ». À vous d’en prendre connaissance et d’encourager la saine discussion pouvant naturellement découler d’un tel document.

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QuébecTribune Terminus du RTC 001

Lettre ouverte adressée à une administration sans écoute …

Deux fois plus de temps pour acheter, mais pas plus d’argent à dépenser !

Force est d’admettre que la nouvelle aire de restauration des « Galeries de la Capitale » est bien belle. Une fois les travaux terminés, c’est donc vêtu de tout nouveaux atours que ce centre commercial pourra enfin envisager l’avenir avec le plus grand des optimismes. L’investissement était loin d’être futile, car on n’avait déjà que trop tardé. En effet, certains commerçants avaient grande peine à fermer la porte de leur propre magasin tellement le sol s’était soulevé sous l’effet de la pyrite sise sous les dalles de leur plancher. Toutefois, même si le coût de pareils travaux s’annonce pharaonique, en a-t-on réellement mesuré tous les aléas ?

Je me souviens encore de ce premier matin où un mur avait été érigé. Comme toujours, nous savions que quelque chose se tramait, mais en connaissions nullement le comment du pourquoi. L’aire de restauration du premier niveau venait de disparaître ! En restait-il encore quelque chose ? Nous ne le savions pas ! Pourquoi nous aurait-on mis au courant ? Et ce fut à ce moment que les gens commencèrent à affluer dans un couloir cul-de-sac à la recherche d’un petit café ! L’opération avait pourtant été minutieusement préparée par de grands penseurs, mais la flèche devant pointer le « Tim Hortons » avait bien tristement été mise à l’envers, et les « Où est-ce qu’on est ? » commencèrent à être suivi par des « Hosties de magasin, on reviendra pu icitte ! ».

Les mois se suivirent, et furent à l’image de ce premier geste malhabile de la part d’une direction sans écoute et plutôt avare d’explications. Certes, il fallait agir, mais le petit peuple avait-il à comprendre ? Étant employé ou client, rien n’y fit, et nous apprenions, inexorablement, qu’une fois placé devant le fait accompli. Pendant que les employés du centre n’avaient d’autres choix que de demeurer captif, la clientèle ne vivait nullement les mêmes contraintes, et les chiffres de vente commencèrent à baisser malgré les efforts de tous et chacun.

Pour comprendre la situation qui prévaut actuellement aux « Galeries de la Capitale », il ne suffit que de tendre l’oreille. En ces temps de restrictions budgétaires et d’instabilités politiques ( L’économie peut être bonne tout en étant empreinte d’incertitude ), les clients éclairés se font de plus en plus de listes d’emplettes et ne passent aux luxes qu’après avoir comblé leurs besoins de bases. Malheureusement, contrairement à tous autres centres commerciaux d’Amérique, notre beau centre se positionna, au cours des derniers mois, comme étant le seul complexe à vocation commerciale ne pouvant plus répondre à de tels besoins. De ce fait, les clients migrèrent rapidement vers de nouvelles options telles que les « Promenades Beauport » afin de parfaire leurs emplettes de base, et du coup, c’est à pareils endroits que le fameux sac à main de prestige fut acheté. Notre clientèle fondit comme neige au soleil, et ceux qui évoluent au sein d’une grande chaîne purent rapidement quantifier ce phénomène migratoire d’une clientèle qui ne vivait apparemment pas seulement pour acquérir un sac à main de luxe. Dans pareille circonstance, comment penser que le simple fait de rester ouvert jusqu’à vingt et une heures pourrait changer quoi que ce soit dans nos chiffres d’affaires ?

C’est bien beau de vouloir vendre du rêve, mais les gens ont aussi parfois besoin d’un simple journal, d’un paquet de gomme, de billets d’autobus, d’une boîte de « Pablum », d’un sac de couches, de rouleaux d’essuie-tout, d’une bouteille de « Windex », d’une boîte de savon à linge, de sacs poubelles, d’une boîte de stylos « Paper Mate », d’une bouteille de vin, d’un flacon d’aspirine, de serviettes hygiéniques, de services postaux ( Retours de marchandises à ses fournisseurs ), de services bancaires ( Besoins commerciaux en monnaie ), etc. De tous ces besoins, il ne subsiste désormais plus rien dans ce beau centre commercial sans âmes, car, aux « Galeries », on veut vendre du rêve ! « … Nous avons une clientèle à desservir et nous avons le devoir de répondre à ses besoins … » prônait candidement un certain Mr Serge Rossignol dans le quotidien « Le Soleil » du mercredi 22 avril 2015 dernier ? Ah oui ?

Déjà, certains magasins préférèrent quitter les « Galeries » ( Endroit où ils n’avaient pas de concurrence ) pour aller s’installer à d’autres centres ( Endroit où ils avaient de la concurrence ) ! Pourquoi ? D’autres magasins, quant à eux, commencèrent à carrément penser fermer après avoir encore fait une grosse caisse que de quelques dollars pour une journée complète de travail passé à attendre une clientèle acheteuse qui ne venait plus ! Pourquoi ? Dans certaines bijouteries, comme ailleurs, le nombre d’heures de travail pouvant être allouées fut parfois coupé. Du coup, c’est une dame seule qui devra ouvrir et fermer une boutique qui, autrefois, devait toujours être simultanément opérée par deux personnes. C’est donc encore un profit espéré qui remplacera désormais la plus élémentaire des sécurités, car de toute façon, s’il devait y avoir un larcin, n’est-ce pas la dame que l’on blâmerait ?

Naturellement, les gens veulent travailler, et faire un lundi soir ne sera pas plus compliqué que de faire un jeudi soir, mais faudrait-il encore des clients pour rendre pareille opération rentable. Qui achètera deux grille-pain sous la simple raison qu’il dispose de plus de temps pour le faire ? Il faudra donc bien du courage de la part de tous ceux qui accepteront de travailler un lundi, un mardi ou un mercredi soir, car accepter un tel nouvel horaire représentera inexorablement la baisse de leur propre niveau de vente par heure de travail, et un cruel jugement d’inefficacité s’en suivra dans bien des cas. En définitive, l’objectif « 21 heures » représentera un peu plus de main-d’œuvre à payer, une bonne part de démotivation avec de nouveaux objectifs de vente impossible à atteindre ( Note 1 ), un loyer qui augmente ( Le Méga Parc devant aussi être opéré en soirée ! ), des prix qui augmentent ou une qualité qui baisse et éventuellement, une fermeture programmée, car la clientèle acheteuse ne sera pas plus à ce rendez-vous factice d’un lundi soir de juin, pendant le festival d’été, que pendant celui d’un premier lundi soir de décembre. Après tout, la réalité d’un « Wallmart » ou d’un « Homesens » n’est-elle pas bien différente de la nôtre, car quel petit boutiquier des « Galeries » a actuellement besoin d’une douzième caisse, en tout temps, afin de pouvoir répondre adéquatement à sa clientèle ?

Après les manèges gratuits, l’Internet gratuit et les emplettes remboursées, nous finirons bien par constater que ce fameux rendez-vous n’était qu’illusion, et qu’un budget publicitaire adéquat doit, afin d’être optimal, cibler l’augmentation de sa part de marché en acquérant de nouveaux clients plutôt que de cibler une stabilisation de sa part actuelle en modifiant simplement les habitudes de consommation de sa propre clientèle déjà existante sauf s’il y avait, auparavant, un phénomène d’embouteillage auprès des boutiques des « Galeries », notamment lors des jeudis et des vendredis soir ! Était-ce le cas ? Je ne le pense pas ! Il est vrai que certains, désireux de magasiner en paix, préféreront, sans doute, un mardi soir à un vendredi soir, mais que ferons-nous lorsque tous auront eu le même raisonnement et qu’il n’y aura désormais plus assez de clientèle dans tous ces grands couloirs neufs afin de justifier des jeudis et des vendredis encore ouverts en soirée ? Prendrons-nous, alors, la décision éclairée de fermer à 17 H 30 plutôt que de fermer au traditionnel 21 H 00 ! Déjà, quelques boutiques furent contraintes de déguiser certains de leurs vendeurs du vendredi en vendeurs du mardi, mais l’opération est-elle vraiment une réussite pour autant ? Vendre une marchandise à un prix réduit afin de convaincre un client du midi de plutôt venir magasiner en soirée lorsque celui-ci paiera, en fin de compte, avec une carte reçue en cadeau d’Oxford ( 10 $, 20 $, 50 $ et même 100 $ reçu par la poste ou sur place ( Note 2 ) ), ce n’est pas du commerce, mais de l’humour, voir du cynisme, car qui devra éventuellement payer ces fameuses cartes-cadeau si ce n’est l’ensemble des locataires ? Triste constat, pendant que Mr Rossignol rêvait de blanc bonnet plutôt que de bonnet blanc, les locataires ne rêvaient-ils pas simplement de vendre un deuxième bonnet afin de pouvoir dignement encore payer leur loyer, leurs fournisseurs, leurs employés, ainsi que leur retour sur investissement ?

Nous aurions bien aimé pouvoir juger du professionnalisme mis en œuvre lors de la conception du questionnaire ayant mené les « Galeries de la Capitale » à la conclusion que l’ouverture en soirée des débuts de semaine mousserait les ventes de tous et chacun ? Nous aurions tout autant aimé pouvoir juger de la pertinence des analyses ayant découlé de pareille enquête ( Note 3 ), mais tout cela nous fut refusé ? Comme toujours ! Ce ne sera malheureusement pas la première fois qu’un grand penseur s’exprimera au nom de tous les Québécois ! Mais j’y songe, se pourrait-il que ces mêmes clients aient pu avoir une préférence marquée pour l’obtention d’un service de qualité plutôt que pour l’obtention d’une plus grande accessibilité ? Pour moi, le choix aurait été fort simple ! Je préférerai toujours me faire répondre par un conseiller d’expérience en après-midi plutôt que par un « Chsais-pas » en fin de soirée, car on ne s’achète pas un nouveau téléviseur avec la même désinvolture dont on fait preuve lors de l’achat d’un simple Big Mac !

Ce matin, il y avait un mur devant mon commerce ! Érigé pendant la nuit, je fus donc obligé de chercher un accès que mon client ne cherchera peut-être pas autant ! Pareille situation est d’autant plus navrante que le kiosque d’informations disparut en même temps ! Décidément, mon client me retrouvera-t-il même si celui-ci dispose désormais de trois soirées de plus ?

Sans équivoque, force est d’admettre que les « Galeries de la Capitale » seront éventuellement bien belles. Un design contemporain, des banquettes en vrai cuir, mais serais-je seulement encore là pour m’y promener. Décidément, Mr Rossignol me donne réellement mal à la tête ! Si seulement j’avais encore un endroit pour m’acheter de l’aspirine !

Un groupe de commerçants bien incompris …

Note 1 : Plutôt que de se battre, plusieurs commerçants eurent la pensée magique de simplement augmenter les objectifs de leurs vendeurs, mais le milieu des affaires oublie trop souvent qu’avant de responsabiliser un employé pour un manque de performance, celui-ci doit avoir reçu, au préalable, une certaine part de pouvoir de son employeur. Ainsi, un directeur de magasin qui ne contrôlerait absolument rien ne devrait jamais être blâmé par son superviseur pour une diminution des ventes, car toutes les décisions ayant pu avoir une incidence sur cesdites ventes auraient été prises, en réalité, par ce même superviseur. En d’autres mots, un employé ne doit être tenu responsable que de ce qu’il peut contrôler.

Note 2 : Le jeudi 30 juillet 2015, il nous sembla bien curieux d’apprendre que la personne qui avait été mise en charge par Oxford afin de remettre des cartes-cadeaux à la clientèle de soirée s’avouait aussi être la responsable d’un magasin, soit un îlot, qui performait supposément fort bien suite à la présente initiative du 21 H 00 des lundis, mardis et mercredis soir. C’est à se demander ce qui avait pu pousser une telle personne à avoir accepté un tel emploi à temps partiel, car pendant que celle-ci se promenait avec une mascotte afin de remettre de petites cartes-cadeaux, son magasin était supposément bien plein ? De plus, les commerçants, œuvrant naturellement dans ce monde de haute concurrence qu’est un centre commercial, seraient en droit de s’interroger sur la neutralité de pareille opération promotionnelle.

Note 3 : L’ensemble de tous les centres commerciaux du Canada, actuellement géré par « Oxford », ayant pris simultanément le même tournant vers des changements d’horaire en début de semaine, il est à se demander si l’actuelle décision prise par « Oxford » dépendit-elle réellement de la volonté de la clientèle de Québec ou celle-ci ne dépendit-elle pas plutôt de la volonté de la clientèle d’une autre ville dans une autre province ?

Photo : Perspective / Terminus du RTC