Les « Galeries de la Capitale » ▪ Partie 3 : Une réponse …

QuébecTribune Castafiore Bianca 001

Le jour où la direction des « Galeries de la Capitale », ce véritable émissaire du luxe québécois, adressera une honnête réponse à ses propres locataires, ainsi qu’à sa distinguée clientèle, nous nous ferons le plaisir de publier celle-ci en nos murs, soit ici même …

… d’ici là, bien des boutiquiers auront dû plier bagage, car ainsi va l’impitoyable réalité du show-business des affaires. Un spectacle doit savoir évoluer, doit savoir s’adapter aux réels goûts du public afin de pouvoir vivre, mais pour cela, faut-il encore que le directeur artistique élu d’office sache respecter les artisans de sa propre troupe tout en sachant tout autant accepter une certaine critique dite constructive !

Mr Le Contribuable

N.B. Mlle Bianca Castafiore, cantatrice italienne de renom, est régulièrement surnommée par la presse internationale comme étant « Le Rossignol milanais ».

Photo : Le sceptre d’Ottokar / Mlle Bianca Castafiore / Studios Hergé

Les « Galeries de la Capitale » ▪ Partie 2 : Une réaction …

QuébecTribune Elwes Cary 001

La lettre ouverte ( Note 1 ) publiée lors de notre dernière intervention s’inscrit parfaitement dans la ligne éditoriale du présent site, car au-delà du contenu, il y a toujours le contenant, l’essence d’une même histoire, cette histoire qui est inlassablement la nôtre. Pour faire suite à la décision des « Galeries de la Capitale » d’imposer de nouvelles heures d’ouverture à sa distinguée clientèle, il y eut le mécontentement. Celui qui imbibe les conversations d’un homme ivre sans mener à de plus concrètes actions. Gérants et superviseurs persiflèrent, se regardèrent, et attendirent la venue d’un « Robin Hood » ( Note 2 ) sans même réaliser qu’une voix unie aurait eu bien plus d’impétuosité que l’épée d’un homme seul, en collant de surcroît. S’il avait s’agit d’une prise de pouvoir, notre parlement porterait désormais le nom de « Palais du shérif de Nottingham » ( Note 3 ), notre drapeau serait en cendre, et l’envahisseur normand sillonnerait nos rues dans l’indifférence la plus totale pendant que nous persisterions à nous demander qui prendrait le contrôle de qui dans le prochain épisode de Dallas.

Il y eut bien quelques efforts isolés, mais personne ne voulut quitter la quiétude de sa petite boutique afin de connaître l’aventure d’une quelconque tentative d’émancipation ? Les boutiquiers abdiquèrent sans même avoir levé une plume bien aiguisée, le combat était désormais chose du passé. Tous avaient attendu une improbable initiative venant de son voisin, mais personne ne voulut être le premier à porter une action, ne serait-ce pour créer une association de commerçants, ne serait-ce pour se donner les outils d’une éventuelle prochaine confrontation.

Mr André Ouellet ( Note 4 ), un simple vendeur du « Leclerc chaussures » des « Galeries », fut l’un des rares à vouloir confronter sa vision de commerçant locataire à celle de Mr Rossignol sur les ondes d’une station radiophonique bien connue de Québec, mais on lui refusa l’accès en studio, et suite à une cavalière coupure de ligne, l’ensemble des travailleurs des « Galeries de la Capitale » fut grossièrement qualifié de « Loser » par un annonceur supposément encore libre de pensé. Malheureusement, Mr Rossignol ne s’opposa jamais à de tels propos tenus contre l’ensemble de ces hommes et de ces femmes qui permettent quotidiennement à son petit royaume d’exister. Sans doute, ne les avait-il pas saisi au vol, et ce fut là, le début d’une bien cureuse valses médiatiques.

Il ne fallait pas demander aux locataires si leurs ventes étaient bonnes ou pas depuis ledit changement d’horaire, car les ventes augmentent toujours à pareille date de chaque année, mais il aurait été bien plus représentatif de demander pourquoi cette période n’avait-elle pas été nettement mieux qu’à l’accoutumée étant donné qu’en plus du nouvel horaire supposément des plus attendu par la population de Québec, des sommes colossales avaient tant été investies dans une campagne publicitaire tous azimuts ? Je pense que si la rentabilité avait réellement été au rendez-vous, certains commerçants penseraient actuellement à ouvrir plutôt qu’à fermer !

En grande pompe, on commença par annoncer l’ouverture prochaine d’une belle brochette de boutiques haut de gamme tout en banalisant le départ du bien populaire « Dollarama » qui semblait, je vous le rappelle, grandement répondre aux besoins de la clientèle et des marchands de la place. Naturellement, une boutique Michael Kors, c’est bien beau, mais ça ne vous donne pas un sac de croustilles pour autant lorsque vous avez le goût d’en engloutir un ! Serait-ce le shérif qui refusa la cour du roi aux petits vendeurs de patates, car n’étant point de nobles commerçants pour pareil endroit ? La question ne fut jamais posée ! Pire, aucun journaliste ne réalisa ou n’osa réaliser qu’il n’y avait pas plus de chemisiers à 400 tomates chez « Forever 21 » que chez « Hennes & Mauritz » ! Alors, pourquoi parler de « boutiques de luxe » plutôt que de parler de « boutiques à prix abordables » ? Comment expliquer le fond de pareil message tout en sachant qu’il y avait déjà trois bijouteries de fermées depuis le tout début des travaux de rénovation, si ce n’est que par la présence d’une clientèle devant vivre dans un monde bien réel à mille lieues d’un endroit n’étant bercé que par d’improbables contes pour enfants !

Et nos médias en allèrent d’une première vox populi où l’on questionna cette vieille dame. Celle qui arrive à chaque matin dans l’unique but de s’asseoir à l’air de restauration afin de lire son roman préféré tout en voyant des gens passer. Un bon fauteuil constituant le seul besoin de cette vieille dame qui ne consommera, en définitive, absolument rien. On alla tout autant questionner ce brave père de famille. Celui qui arrive en début d‘après-midi afin de bénéficier d’un réseau Wi-Fi gratuit tout en envoyant ses mômes dans des manèges dont l’accès est encore gratuit. Un bon fauteuil constituant le seul besoin de ce jeune homme qui ne consommera, en définitive, absolument rien. Désireux de questionner tout le monde, on finira par ce boutiquier d’un îlot ( Encore un îlot ! ), toujours le même. Celui qui se dit grandement satisfait de pareille initiative tout en omettant de spécifier que son produit se vend, de par sa nature, bien mieux au cours de l’été, et sans spécifier que celui-ci craint, avant tout, son prochain renouvellement de bail, car les îlots n’auraient apparemment plus la cote aux « Galeries ». Une vox populi qui ne dit rien, tout en disant tout de par ce que l’on oublia de dire.

Tout le monde sait qu’une image vaut mille mots, mais que dire de cet extrait vidéo diffusé en plein milieu du bulletin de nouvelles afin de révéler la frénésie des lieux ? Cela aurait été une bien bonne couverture si cela n’avait été que l’extrait vidéo en question était une vidéo d’archives filmée bien avant le début de tous travaux. Des travaux que l’on ne voit d’ailleurs jamais ? Ni à la télé ? Ni dans les journaux ? Ni sur le web ? Des travaux qui faute d’exister, ne peuvent donc avoir de répercussions pour les locataires et leurs clientèles désireuses de faire des affaires dans un cadre environnemental plus ou moins convenable ( La poussière et le bruit étant actuellement à la source de nombreuses plaintes envers la direction du centre ). Certes, le stationnement était bien plein, je l’ai vu sur une photo publiée dans un grand quotidien de Québec ! Il est toutefois amusant de remarquer que l’auteur de cettedite photo ne remarqua jamais que lorsque son appareil fit « clic », le stationnement de proximité était grandement limité de par le fait que la porte B du niveau 1 ainsi que l’ancienne porte extérieure du défunt « Target » étaient, toutes deux, encore condamnées. Tous ceux qui se stationnaient, autrefois, à ces deux sections étaient donc maintenant contraints de déplacer leur véhicule à une autre section, et rendant, de par le fait même, ces mêmes nouvelles sections un peu plus denses qu’autrefois.

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La vérité n’est pas toujours ce qu’elle semble être, et les quelques propos tenus au cours de nos deux dernières interventions auraient donc facilement pu être le fruit d’une quelconque plume bien aiguisée, car nombreux furent ceux qui eurent de semblables questionnements face à la présente couverture médiatique ayant entouré la modification des heures d’ouverture aux « Galeries de la Capitale », mais très peu le firent ! Pourquoi ? Par peur de perdre un éventuel généreux commanditaire ? Je ne le sais pas, mais j’aimerais toutefois rappeler les quelques extraits qui suivent à notre gent journalistique, car il y eut, dans notre petit compte, tellement d’efforts promotionnels qui furent déployés que c’est à se demander qui souhaitait réellement le plus une telle modification des heures d’ouverture aux « Galeries ». La clientèle des « Galeries » ou la direction des « Galeries » ?

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Mais avant tout, rappelons-nous qu’à partir du lundi 1er juin 2015, la direction des « Galeries de la Capitale » décida unilatéralement de concrètement modifier ses heures d’ouverture. De ce fait, un grand nombre de ressources fut aussitôt alloué à une campagne promotionnelle visant à encourager le magasinage en soirée. Publicité postale dans plus de 123 000 foyers ciblés, commandite de la météo au bulletin d’informations de début de soirée, placement radiophonique dans 5 stations de la vieille Capitale, publicité en région ( Saguenay et Trois-Rivières ) et affichage à divers endroits tels que l’aéroport international de Québec et certains abribus du RTC, etc.

Extraits du document « Droits et responsabilité de la presse » déjà diffusé par le Conseil de presse du Québec

Responsabilités de la presse :

Il est aussi de la responsabilité des entreprises de presse et des journalistes de se montrer prudents et attentifs aux tentatives de manipulation de l’information. Ils doivent faire preuve d’une extrême vigilance pour éviter de devenir, même à leur insu, les complices de personnes, de groupes ou d’instances qui ont intérêt à les exploiter pour imposer leurs idées ou encore pour orienter et influencer l’information au service de leurs intérêts propres, au détriment d’une information complète et impartiale … Cette responsabilité englobe l’ensemble de ce qu’ils publient ou diffusent : les informations journalistiques, la présentation et l’illustration de l’information, les commentaires et les informations provenant du public auxquels ils accordent espace et temps d’antenne, ainsi que les réclames et les annonces publicitaires.

Conflits d’intérêts :

Les entreprises de presse et les journalistes doivent éviter les conflits d’intérêts. Ils doivent, au surplus, éviter toute situation qui risque de les faire paraître en conflit d’intérêts, ou donner l’impression qu’ils ont partie liée avec des intérêts particuliers ou quelque pouvoir politique, financier ou autre … Il est essentiel que les principes éthiques en la matière, et que les règles de conduite professionnelle qui en découlent, soient respectés rigoureusement par les entreprises de presse et les journalistes dans l’exercice de leurs fonctions. Même si l’information transmise respecte les critères d’intégrité et d’impartialité, il importe de souligner que l’apparence de conflit d’intérêts s’avère aussi préjudiciable que les conflits d’intérêts réels.

Information et publicité :

Il relève de la prérogative de l’éditeur d’établir la politique d’un organe d’information en matière de publicité. Toutefois, en regard du rôle de la presse en matière d’information et en vertu du droit du public à l’information, les préoccupations commerciales et économiques qui peuvent présider au choix de la publicité publiée ou diffusée ne doivent en aucun cas influencer la politique rédactionnelle des organes d’information. Les médias doivent établir une distinction nette entre l’information et la publicité sur tous les plans : contenu, présentation, illustration. Tout manquement à cet égard est porteur de confusion auprès du public quant à la nature de l’information qu’il croit recevoir … Les médias et les journalistes doivent éviter de faire de la publicité déguisée ou indirecte dans leur traitement de l’information ou de se faire les publicistes ou les promoteurs de quelque cause, produit, activité, événement culturel ou sportif que ce soit. Les médias devraient être particulièrement vigilants en traitant les événements à caractère promotionnel qu’ils commanditent pour éviter toute confusion entre leurs activités commerciales et le traitement impartial de l’information.

Devoirs à l’égard de l’accès du public aux médias :

Les médias et les professionnels de l’information doivent encourager la libre circulation des idées et l’expression du plus grand nombre de points de vue, soit en publiant les lettres des lecteurs, des documents, des communiqués, des opinions, des études, des sondages ou des analyses, soit en réservant au public des périodes sur les ondes. De tels espaces ou temps d’antenne favorisent le débat démocratique et diversifient l’information.

En d’autres mots, les organes de presse doivent porter une attention particulière afin de ne pas devenir les porte-parole de qui que ce soit. Cette question est primordiale pour une démocratie, car imaginez le potentiel de persuasion d’une information biaisée, mais présentée comme étant « vrai » au sein d’un bulletin de nouvelles dit sérieux ? Dans de telles conditions, jusqu’où pourrait s’étendre, en période électorale, le pouvoir d’un parti politique disposant d’un financement occulte sans fin ? … Jusqu’où pourrait s’étendre, en période référendaire, le pouvoir d’une fédération disposant d’un financement occulte sans fin ( Note 5 ) ? … Jacques Parizeau n’est plus ! Dieu est son âme ( Note 6 ).

QuébecTribune Galeries de la Capitale 005

En attendant, regardez bien la photo précédente, et portez une attention particulière sur le fait que toutes les bannières commerciales du premier niveau ne pourront désormais plus être visibles du deuxième niveau suite aux actuelles rénovations. Si seulement il y avait une association de commerçants pour discuter « perte de visibilité » avec cette administration sans écoute, l’avenir semblerait peut-être moins gris pour la plupart des commerçants de ce centre.

Mr Le Contribuable

N.B. Pour tous ceux qui travaillent dans le monde merveilleux de la vente, il peut être extrêmement difficile d’avouer sa propre incapacité à contrôler son niveau de vente, et ce, même si cedit niveau est parfois sous l’influence directe de certaines contraintes extérieures à l’entreprise, car ce serait là, un apparent désaveu de sa propre équipe face à une équipe concurrente. Du coup, tous se regardent en démontrant une bien futile confiance en soi, car dans les faits, l’herbe n’est parfois pas plus verte chez le concurrent.

Note 1 : La lettre en question ne fut jamais publiée dans un grand quotidien, et ce, même si celle-ci semblait constituer une certaine unanimité autour de son contenu.

Note 2 : Le pseudonyme anglophone de « Robin Hood » signifie littéralement « Robin la Capuche » et non pas « Robin des Bois » tel que la grande ressemblance entre les mots « hood » et « wood » purent aisément le laisser croire au fil du temps. Toutefois, le mot « hood » pourrait tout autant provenir du mot « truand » en anglais. Lors de la première mention d’un « Robehod » dans un document judiciaire de 1228, nous apprenions que ledit homme serait mis en prison pour non-paiement d’une dette ou d’une amende. La majorité des autres références datèrent de la fin du XIIIième siècle, soit entre 1261 et 1300.

Note 3 : considéré comme étant le principal ennemi de Robin des bois, le shérif de Nottingham avait pour mission d’assurer la sécurité sur les routes commerciales dans la région de la forêt de Sherwood. Il pourchassait donc les brigands sur les terres du roi Richard tout en s’entourant, parfois, du seigneur Guy de Gisbourne ou du Prince Jean, mais ce n’est point pour lui que battra, en définitive, le petit cœur de la belle Marianne.

Note 4 : Aux premières heures de ce conflit qui ne connut jamais de véritable envol, Mr André Ouellet fut celui qui mit sur pied une campagne de contestation via une pétition contre l’ouverture des « Galeries de la Capitale » lors des lundis, mardis et mercredis en soirée. Toutefois, cette liste de signataires ne fut curieusement jamais publiquement remise à la direction du centre.

Note 5 : La Commission du juge John Gomery et celle du juge Bernard Grenier vinrent prouver qu’il y avait déjà eu du financement occulte au Québec, et ce, tant en période électorale qu’en période référendaire. Les derniers propos de l’ex-maire de Québec, Mr Jean Pelletier, ne vinrent que confirmer le tout lors de son dernier entretien avec le quotidien « Le Soleil ».

Note 6 : Jacques Parizeau fut, sans contredit, l’un de ceux qui donnèrent à chaque Québécois les véritables outils économiques ( La Société générale de financement en 1962 et la Caisse de dépôt et placement du Québec en 1965 ) leur permettant de réellement porter leur province vers une autonomie concrète ( Ne pas lire indépendance ). Malheureusement, celui-ci décéda le lundi 1er juin 2015 dernier. Il avait alors 84 ans.

Photo : Robin Hood : Men in Tights / Robin Hood / Mr Cary Elwes

Photo : Perspective / Galeries de la Capitale

Photo : Perspective / Galeries de la Capitale

Photo : Perspective / Galeries de la Capitale

Photo : Perspective / Galeries de la Capitale

Photo : Perspective / Galeries de la Capitale

Les « Galeries de la Capitale » ▪ Partie 1 : Une lettre …

Rappelons-nous qu’à partir du lundi 1er juin 2015, la direction des « Galeries de la Capitale » décida unilatéralement de devenir le tout premier centre commercial de la grande région de Québec à concrètement modifier ses heures d’ouverture dans le but d’être désormais plus accessible en soirée, et ce, plus particulièrement du lundi au mercredi. De ce fait, un grand nombre de ressources fut aussitôt alloué à une campagne promotionnelle visant à encourager le magasinage en soirée. Publicité postale dans plus de 123 000 foyers ciblés, commandite de la météo au bulletin d’informations de début de soirée, placement radiophonique dans 5 stations de la vieille Capitale, publicité en région ( Saguenay et Trois-Rivières ) et affichage à divers endroits tels que l’aéroport international de Québec et certains abribus du RTC, etc.

Toutefois, pareille opération ne fit apparemment pas l’affaire de tout le monde. Voici donc la copie d’une lettre ouverte circulant actuellement auprès de certains boutiquiers des « Galeries ». À vous d’en prendre connaissance et d’encourager la saine discussion pouvant naturellement découler d’un tel document.

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QuébecTribune Terminus du RTC 001

Lettre ouverte adressée à une administration sans écoute …

Deux fois plus de temps pour acheter, mais pas plus d’argent à dépenser !

Force est d’admettre que la nouvelle aire de restauration des « Galeries de la Capitale » est bien belle. Une fois les travaux terminés, c’est donc vêtu de tout nouveaux atours que ce centre commercial pourra enfin envisager l’avenir avec le plus grand des optimismes. L’investissement était loin d’être futile, car on n’avait déjà que trop tardé. En effet, certains commerçants avaient grande peine à fermer la porte de leur propre magasin tellement le sol s’était soulevé sous l’effet de la pyrite sise sous les dalles de leur plancher. Toutefois, même si le coût de pareils travaux s’annonce pharaonique, en a-t-on réellement mesuré tous les aléas ?

Je me souviens encore de ce premier matin où un mur avait été érigé. Comme toujours, nous savions que quelque chose se tramait, mais en connaissions nullement le comment du pourquoi. L’aire de restauration du premier niveau venait de disparaître ! En restait-il encore quelque chose ? Nous ne le savions pas ! Pourquoi nous aurait-on mis au courant ? Et ce fut à ce moment que les gens commencèrent à affluer dans un couloir cul-de-sac à la recherche d’un petit café ! L’opération avait pourtant été minutieusement préparée par de grands penseurs, mais la flèche devant pointer le « Tim Hortons » avait bien tristement été mise à l’envers, et les « Où est-ce qu’on est ? » commencèrent à être suivi par des « Hosties de magasin, on reviendra pu icitte ! ».

Les mois se suivirent, et furent à l’image de ce premier geste malhabile de la part d’une direction sans écoute et plutôt avare d’explications. Certes, il fallait agir, mais le petit peuple avait-il à comprendre ? Étant employé ou client, rien n’y fit, et nous apprenions, inexorablement, qu’une fois placé devant le fait accompli. Pendant que les employés du centre n’avaient d’autres choix que de demeurer captif, la clientèle ne vivait nullement les mêmes contraintes, et les chiffres de vente commencèrent à baisser malgré les efforts de tous et chacun.

Pour comprendre la situation qui prévaut actuellement aux « Galeries de la Capitale », il ne suffit que de tendre l’oreille. En ces temps de restrictions budgétaires et d’instabilités politiques ( L’économie peut être bonne tout en étant empreinte d’incertitude ), les clients éclairés se font de plus en plus de listes d’emplettes et ne passent aux luxes qu’après avoir comblé leurs besoins de bases. Malheureusement, contrairement à tous autres centres commerciaux d’Amérique, notre beau centre se positionna, au cours des derniers mois, comme étant le seul complexe à vocation commerciale ne pouvant plus répondre à de tels besoins. De ce fait, les clients migrèrent rapidement vers de nouvelles options telles que les « Promenades Beauport » afin de parfaire leurs emplettes de base, et du coup, c’est à pareils endroits que le fameux sac à main de prestige fut acheté. Notre clientèle fondit comme neige au soleil, et ceux qui évoluent au sein d’une grande chaîne purent rapidement quantifier ce phénomène migratoire d’une clientèle qui ne vivait apparemment pas seulement pour acquérir un sac à main de luxe. Dans pareille circonstance, comment penser que le simple fait de rester ouvert jusqu’à vingt et une heures pourrait changer quoi que ce soit dans nos chiffres d’affaires ?

C’est bien beau de vouloir vendre du rêve, mais les gens ont aussi parfois besoin d’un simple journal, d’un paquet de gomme, de billets d’autobus, d’une boîte de « Pablum », d’un sac de couches, de rouleaux d’essuie-tout, d’une bouteille de « Windex », d’une boîte de savon à linge, de sacs poubelles, d’une boîte de stylos « Paper Mate », d’une bouteille de vin, d’un flacon d’aspirine, de serviettes hygiéniques, de services postaux ( Retours de marchandises à ses fournisseurs ), de services bancaires ( Besoins commerciaux en monnaie ), etc. De tous ces besoins, il ne subsiste désormais plus rien dans ce beau centre commercial sans âmes, car, aux « Galeries », on veut vendre du rêve ! « … Nous avons une clientèle à desservir et nous avons le devoir de répondre à ses besoins … » prônait candidement un certain Mr Serge Rossignol dans le quotidien « Le Soleil » du mercredi 22 avril 2015 dernier ? Ah oui ?

Déjà, certains magasins préférèrent quitter les « Galeries » ( Endroit où ils n’avaient pas de concurrence ) pour aller s’installer à d’autres centres ( Endroit où ils avaient de la concurrence ) ! Pourquoi ? D’autres magasins, quant à eux, commencèrent à carrément penser fermer après avoir encore fait une grosse caisse que de quelques dollars pour une journée complète de travail passé à attendre une clientèle acheteuse qui ne venait plus ! Pourquoi ? Dans certaines bijouteries, comme ailleurs, le nombre d’heures de travail pouvant être allouées fut parfois coupé. Du coup, c’est une dame seule qui devra ouvrir et fermer une boutique qui, autrefois, devait toujours être simultanément opérée par deux personnes. C’est donc encore un profit espéré qui remplacera désormais la plus élémentaire des sécurités, car de toute façon, s’il devait y avoir un larcin, n’est-ce pas la dame que l’on blâmerait ?

Naturellement, les gens veulent travailler, et faire un lundi soir ne sera pas plus compliqué que de faire un jeudi soir, mais faudrait-il encore des clients pour rendre pareille opération rentable. Qui achètera deux grille-pain sous la simple raison qu’il dispose de plus de temps pour le faire ? Il faudra donc bien du courage de la part de tous ceux qui accepteront de travailler un lundi, un mardi ou un mercredi soir, car accepter un tel nouvel horaire représentera inexorablement la baisse de leur propre niveau de vente par heure de travail, et un cruel jugement d’inefficacité s’en suivra dans bien des cas. En définitive, l’objectif « 21 heures » représentera un peu plus de main-d’œuvre à payer, une bonne part de démotivation avec de nouveaux objectifs de vente impossible à atteindre ( Note 1 ), un loyer qui augmente ( Le Méga Parc devant aussi être opéré en soirée ! ), des prix qui augmentent ou une qualité qui baisse et éventuellement, une fermeture programmée, car la clientèle acheteuse ne sera pas plus à ce rendez-vous factice d’un lundi soir de juin, pendant le festival d’été, que pendant celui d’un premier lundi soir de décembre. Après tout, la réalité d’un « Wallmart » ou d’un « Homesens » n’est-elle pas bien différente de la nôtre, car quel petit boutiquier des « Galeries » a actuellement besoin d’une douzième caisse, en tout temps, afin de pouvoir répondre adéquatement à sa clientèle ?

Après les manèges gratuits, l’Internet gratuit et les emplettes remboursées, nous finirons bien par constater que ce fameux rendez-vous n’était qu’illusion, et qu’un budget publicitaire adéquat doit, afin d’être optimal, cibler l’augmentation de sa part de marché en acquérant de nouveaux clients plutôt que de cibler une stabilisation de sa part actuelle en modifiant simplement les habitudes de consommation de sa propre clientèle déjà existante sauf s’il y avait, auparavant, un phénomène d’embouteillage auprès des boutiques des « Galeries », notamment lors des jeudis et des vendredis soir ! Était-ce le cas ? Je ne le pense pas ! Il est vrai que certains, désireux de magasiner en paix, préféreront, sans doute, un mardi soir à un vendredi soir, mais que ferons-nous lorsque tous auront eu le même raisonnement et qu’il n’y aura désormais plus assez de clientèle dans tous ces grands couloirs neufs afin de justifier des jeudis et des vendredis encore ouverts en soirée ? Prendrons-nous, alors, la décision éclairée de fermer à 17 H 30 plutôt que de fermer au traditionnel 21 H 00 ! Déjà, quelques boutiques furent contraintes de déguiser certains de leurs vendeurs du vendredi en vendeurs du mardi, mais l’opération est-elle vraiment une réussite pour autant ? Vendre une marchandise à un prix réduit afin de convaincre un client du midi de plutôt venir magasiner en soirée lorsque celui-ci paiera, en fin de compte, avec une carte reçue en cadeau d’Oxford ( 10 $, 20 $, 50 $ et même 100 $ reçu par la poste ou sur place ( Note 2 ) ), ce n’est pas du commerce, mais de l’humour, voir du cynisme, car qui devra éventuellement payer ces fameuses cartes-cadeau si ce n’est l’ensemble des locataires ? Triste constat, pendant que Mr Rossignol rêvait de blanc bonnet plutôt que de bonnet blanc, les locataires ne rêvaient-ils pas simplement de vendre un deuxième bonnet afin de pouvoir dignement encore payer leur loyer, leurs fournisseurs, leurs employés, ainsi que leur retour sur investissement ?

Nous aurions bien aimé pouvoir juger du professionnalisme mis en œuvre lors de la conception du questionnaire ayant mené les « Galeries de la Capitale » à la conclusion que l’ouverture en soirée des débuts de semaine mousserait les ventes de tous et chacun ? Nous aurions tout autant aimé pouvoir juger de la pertinence des analyses ayant découlé de pareille enquête ( Note 3 ), mais tout cela nous fut refusé ? Comme toujours ! Ce ne sera malheureusement pas la première fois qu’un grand penseur s’exprimera au nom de tous les Québécois ! Mais j’y songe, se pourrait-il que ces mêmes clients aient pu avoir une préférence marquée pour l’obtention d’un service de qualité plutôt que pour l’obtention d’une plus grande accessibilité ? Pour moi, le choix aurait été fort simple ! Je préférerai toujours me faire répondre par un conseiller d’expérience en après-midi plutôt que par un « Chsais-pas » en fin de soirée, car on ne s’achète pas un nouveau téléviseur avec la même désinvolture dont on fait preuve lors de l’achat d’un simple Big Mac !

Ce matin, il y avait un mur devant mon commerce ! Érigé pendant la nuit, je fus donc obligé de chercher un accès que mon client ne cherchera peut-être pas autant ! Pareille situation est d’autant plus navrante que le kiosque d’informations disparut en même temps ! Décidément, mon client me retrouvera-t-il même si celui-ci dispose désormais de trois soirées de plus ?

Sans équivoque, force est d’admettre que les « Galeries de la Capitale » seront éventuellement bien belles. Un design contemporain, des banquettes en vrai cuir, mais serais-je seulement encore là pour m’y promener. Décidément, Mr Rossignol me donne réellement mal à la tête ! Si seulement j’avais encore un endroit pour m’acheter de l’aspirine !

Un groupe de commerçants bien incompris …

Note 1 : Plutôt que de se battre, plusieurs commerçants eurent la pensée magique de simplement augmenter les objectifs de leurs vendeurs, mais le milieu des affaires oublie trop souvent qu’avant de responsabiliser un employé pour un manque de performance, celui-ci doit avoir reçu, au préalable, une certaine part de pouvoir de son employeur. Ainsi, un directeur de magasin qui ne contrôlerait absolument rien ne devrait jamais être blâmé par son superviseur pour une diminution des ventes, car toutes les décisions ayant pu avoir une incidence sur cesdites ventes auraient été prises, en réalité, par ce même superviseur. En d’autres mots, un employé ne doit être tenu responsable que de ce qu’il peut contrôler.

Note 2 : Le jeudi 30 juillet 2015, il nous sembla bien curieux d’apprendre que la personne qui avait été mise en charge par Oxford afin de remettre des cartes-cadeaux à la clientèle de soirée s’avouait aussi être la responsable d’un magasin, soit un îlot, qui performait supposément fort bien suite à la présente initiative du 21 H 00 des lundis, mardis et mercredis soir. C’est à se demander ce qui avait pu pousser une telle personne à avoir accepté un tel emploi à temps partiel, car pendant que celle-ci se promenait avec une mascotte afin de remettre de petites cartes-cadeaux, son magasin était supposément bien plein ? De plus, les commerçants, œuvrant naturellement dans ce monde de haute concurrence qu’est un centre commercial, seraient en droit de s’interroger sur la neutralité de pareille opération promotionnelle.

Note 3 : L’ensemble de tous les centres commerciaux du Canada, actuellement géré par « Oxford », ayant pris simultanément le même tournant vers des changements d’horaire en début de semaine, il est à se demander si l’actuelle décision prise par « Oxford » dépendit-elle réellement de la volonté de la clientèle de Québec ou celle-ci ne dépendit-elle pas plutôt de la volonté de la clientèle d’une autre ville dans une autre province ?

Photo : Perspective / Terminus du RTC

Démocratie ▪ Partie 1 : Le jour où la Terre s’arrêta …

Cette journée s’annonçait des plus anodines, car absolument rien ne permettait encore de croire en de quelconques singularités s’apprêtant à venir troubler la quiétude de l’ordre établi par une humanité désabusée. Comme toujours, une petite demi-heure ayant été nécessaire pour se remettre de la violente agression d’une monstruosité de technologie dénommée « Réveille-matin », un brin de toilette, un petit café prit à la sauvette et je devais déjà filer afin prendre ce métrobus qui arrivait généralement bien plein. Que voulez-vous ? Ne sommes-nous pas tous dans la même galère ? Vivre pour travailler et travailler pour survivre tout en espérant, un jour prochain, pouvoir enfin atteindre ce niveau budgétaire où le mot « épargne » commencera réellement à vouloir signifier quelque chose.

QuébecTribune  Martin Joseph Lockard 001

Soudain, un coup de sifflet retentit afin de nous avertir qu’il est maintenant l’heure d’avancer. Chaque matin, c’est ainsi que débute la course folle de notre peine quotidienne ! Inexorablement, notre tête retourne sur le billot de la concurrence. On doit rapporter un maximum de profits pour un minimum de coûts, car sinon, le couperet du capitalisme tombera en venant nous remplacer par un autre petit robot. La lutte est de tous les instants, car le petit robot d’hier est maintenant moins neuf que le robot neuf d’aujourd’hui. Malheureusement, force est d’admettre qu’un jour viendra où notre expérience ne suffira plus à compenser les diplômes hyperspécialisés des petits nouveaux de demain. Là est la triste réalité d’un capitalisme que je ne chercherai nullement à remettre en cause, car si la vie peut nous élever au rang d’envahisseur, elle peut tout autant nous réduire au rang d’envahis. Silencieux, j’accomplirai donc ma petite besogne jusqu’à l’heure du dîner.

Assis à la cantine du complexe qui abrite mon lieu de travail, je regardais, par la fenêtre, ces millions de petits êtres qui invectivaient les grands manitous de la circulation tout en courant après le temps qui file, lorsque je réalisai que pour payer mon loyer, je me nourrissais encore d’une vulgaire pizza pochette mollasse que je n’appréciais pas particulièrement tout en discutant avec un collègue qui se nourrissait bien mieux, car ne payant plus son propre loyer. Troquant quelques fibres pour quelques gras trans, j’aurais donc quelques bourrelets de plus à la taille, mais au moins, j’aurais, contrairement à mon collègue, encore un toi sur la tête au début du prochain mois. Sur cette note, le second coup de sifflet de la journée vint mettre un terme définitif à mes rêvasseries sans importance.

À 17 heures, cela avait naturellement été le chemin inverse. Toutefois, m’étant endormi sur la banquette de l’autobus, je m’étais réveillé deux arrêts plus loin que mon terminus habituel, et comme toujours, j’avais dû marcher un peu plus que prévu afin de pouvoir réintégrer mon foyer. En arrivant chez moi, un petit plat de congelé, vite fait bien fait, tout en espérant même plus me rattraper pour ce second égarement alimentaire. Point de place à l’illusion, je ne suivrai jamais ce fameux cours d’aérobie que mon médecin généraliste me prescrit régulièrement lors de mon bilan de santé annuel.

C’est donc épuisé que je me retrouvasse calé dans un fauteuil trop rembourré. Juste assez pour disparaître, l’espace d’une soirée télé. À pareille heure, le cerveau ne répond plus vraiment, et le reportage scientifique est vite remplacé par une réalité qui est tout sauf bien réelle. Tout droit sorti d’un esprit malsain, on nous fait voir l’être humain tel un rat de laboratoire, mais tant pis. Des millions d’années d’évolution auront été balayés par une si pauvre dévolution de la sagesse humaine. Preuve est désormais faite, on nourrit notre esprit avec la même rigueur que l’on nourrit notre panse. La fatigue n’appelle-t-elle pas trop souvent la facilité ?

Après une soirée de futilité, je pitonne une dernière fois tout en allant du premier poste disponible au dernier, et puis, je m’arrête, l’espace d’un instant, sur la retransmission des débats à l’Assemblée nationale du Québec. S’apparentant un peu plus à une taverne de bas quartier qu’à la noble loge de la volonté du peuple, je m’arrête pour écouter, et j’écoute pour tenter de comprendre ( Voir : Note 1 ) :

Mme Diane Lemieux : Mr le Président, ce qui serait tellement facile pour le Premier ministre, c’est de dire aux Québécois : « Je suis conscient qu’il y a 11 personnes dans mes cabinets qui sont interpellées par cette enquête, y compris, également, deux hauts fonctionnaires, et je suis conscient que je dois donner des garanties, à défaut d’avoir à notre disposition un rapport clair, net et précis, de donner des garanties que ces personnes n’ont pas enfreint la Loi électorale. ». Mr le Président, je comprends, au silence du Premier ministre, qu’il est incapable de nous donner ces garanties. Considérant, Mr le Président, qu’il ne peut donner ces garanties, qu’il s’agit … Ce qui est en cause, c’est des manquements à nos lois électorales, c’est aussi une affaire de détournement de fonds dont aurait été au cœur son directeur de cabinet ( Voir : Note 2 ). Est-ce que le Premier ministre convient que la seule solution qu’il nous reste à ce moment-ci, c’est d’indiquer aux Québécois que, ni de près ni de loin, ces personnes ne seront impliquées dans la prochaine campagne électorale ?

Mr Jacques P. Dupuis : Mr le Président, Mr le Président, je suis totalement, complètement dérouté, scandalisé par la question de la leader de l’opposition officielle qui a le front, Mr le Président, de se lever aujourd’hui, en cette Chambre, de poser des questions qui ne sont que des suppositions, des questions qui ne sont faites que pour salir des réputations, des questions qui sont faites au sujet de gens qui ont le droit, comme tous les citoyens du Québec … tous les citoyens du Québec ont le droit à la présomption d’innocence. Il y a actuellement une enquête qui se tient devant un juge réputé, devant un juge impartial, devant un juge, Mr le Président, qui tient une enquête tout à fait objective. Et, si la leader de l’opposition officielle était le moindrement … avait le moindrement d’honnêteté intellectuelle, elle regarderait, elle regarderait … Si la leader de l’opposition officielle, si la leader de l’opposition officielle voulait regarder à sa droite et à sa gauche, et à sa droite et à sa gauche, elle verrait des gens qui ont enfreint la Loi électorale et des gens qui ont enfreint le Code criminel ( Voir : Note 3 ). C’est ça qu’elle verrait.

C’est à ce moment précis que la Terre s’arrêta, car je venais de comprendre ! Comprendre que malgré tous ces efforts quotidiennement déployés par des millions de Québécois afin de financer « Ladite machine de l’État », on ne nous respectait plus. Bien au-delà des apparences, nous étions réellement devenus de petits robots, et devions désormais nous taire tout en persistant à marcher en silence. La vérité était ailleurs, et elle y resterait, car je ne méritais plus de savoir.

Étant donné ce que sa position privilégiée de vice-président du comité du « Non » lui permit d’apprendre au cours de la dernière période référendaire, pourquoi, Mr Jean Charest décida-t-il sciemment d’organiser un scrutin en date du 26 mars 2007, soit cinq jours avant la date de remise du Rapport Grenier prévue, à l’époque, pour le 31 mars 2007 ?

Simulant fort bien l’échange de bons procédés, une première moitié de nos élus semblèrent ainsi vouloir dire qu’ils sauraient ne pas gratter certains sujets, si l’autre moitié de l’assemblée se contentait de ne pas en gratter certains autres. Même si ayant formellement été mandatés pour parler et agir au nom du peuple, nos députés reléguèrent notre démocratie aux affaires non classées. Réalisant que si les uns et les autres s’entretuaient afin de prendre le pouvoir, ils y laisseraient des plumes, et en fin de compte, la balance du pouvoir irait au troisième acteur de notre petite fiction à grand budget. Désormais, la priorité étant d’être réélu plutôt que de faire germer la vérité, un seul choix s’imposait. Mieux valait donc de feindre l’ignorance tout en perdant sa dignité afin de ne pas trop être blessé au combat plutôt que de dignement combattre, l’estafilade au menton et le courage au ventre. La soif de pouvoir avait pris le pas sur l’idéologie politique ! Le message devenait donc vide de sens, mais devait-on réellement la vérité à notre population apparemment sans âmes !

Prochainement, l’état appellerait donc des millions de petits robots aux urnes. Pensant améliorer leur sort, pensant changer leur monde, ces petits robots se prêteraient donc à l’exercice. D’un coup de pince, ils grifferaient un « X » sans valeur pour élire des gens en manque de courage, mais pendant ce temps, je savais déjà que j’userais de mon bulletin de vote afin de me faire un petit avion de papier, car ainsi, il amuserait au moins un enfant qui croit encore qu’au-delà de l’horizon, il existe toujours un monde où il y a autre chose que la lâcheté des hommes.

Mr Le Contribuable

Note 1 : Voici un extrait du journal des débats de l’Assemblée nationale lors de la 2ième session de la 37ième législature ( Séance extraordinaire ) et ayant porté sur l’enquête du DGE concernant Option Canada ainsi que sur le respect de la loi électorale par des membres du personnel politique. Cet échange fut tenu le mardi 20 février 2007 ( Visiter un site complémentaire | Journal des débats ).

Note 2 : Lors de cette intervention, Mme Diane Lemieux parlait de la possible implication de Mr Stéphane Bertrand au sein d’Option Canada.

Note 3 : Lors de cette intervention, Mr Jacques P. Dupuis parlait de certaines interventions qui auraient été pratiquées par certains membres du PQ au cours du référendum de 1995, ainsi que de la consommation avouée de cocaïne de Mr André Boisclair.

Photo : The day the Earth stood still / Mr Joseph Lockard Martin Jr.

Citations de citoyens : De petits mots, mais de grandes idées …

QuébecTribune est un blogue, pour ne pas dire le bogue salvateur de l’humble contribuable que je suis, et je me qualifierais simplement de grand déçu par opposition à une majorité qui pourrait être portée à plutôt me qualifier de carrément cynique.

Je l’ai sans doute déjà dit, mais je ne dois mon respect à absolument aucun politicien, car si certains roucoulent, en temps de scrutin, tout en faisant étalage de leur plus beau ramage, une fois mon petit vote obtenu, ceux-ci deviennent déjà tellement plus condescendent avant d’immigrer en première classe avec l’argent des petits pigeons que nous sommes.

Le respect, ça se mérite, et lorsqu’un contribuable contribue sans être respecté, il n’est pas cynique, mais simplement déçu. Pourtant, pareille situation lui donnerait même le droit d’être en colère où est donc l’offense ! Nul besoin d’en ajouter, car il sera toujours plus facile, pour notre élite, de lancer une pierre à Mr et Mme Toutlemonde en qualifiant ceux-ci d’être les infâmes porteurs d’un cynisme affirmé, plutôt que de se juger soi-même.

Dans les faits, nous sommes cyniques lorsqu’on se retrouve sur la passerelle du beau gros bateau d’un ami à qui on vient d’octroyer une faveur au nom d’une collectivité dont on dit représenter les intérêts tout en cherchant un moyen de refacturer sa dernière consommation sur son propre compte de dépense.

Toutefois, il y a encore plus cynique, car il y aura toujours ceux qui voient et qui se taisent tout en se qualifiant d’élus sanctifiés bénéficiant d’un si grand sens moral.

Par contre, il y a parfois certaines petites phrases que l’on devrait savoir attraper au vol afin de les inscrire au mur ou au dessus d’une grande porte. Des petites phrases à l’apparence anodines, mais qui sont pourtant tellement moins insignifiantes qu’un obscène et si vide de sens : « Je vous promets … ». Le tangible changement naissant de la conviction d’une simple plume, plutôt que par une poubelle en flamme, j’ai donc décidé de commencer cette rubrique qui évoluera, je l’espère, au gré des citations éclairées.

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QuébecTribune  Bertrand Guy 001

De petits mots de Guy Bertrand …

Ma première citation digne de souvenance impose un certain respect envers son auteur. En effet, Mr Guy Bertrand s’était engagé, en septembre 1989, à mettre sur pied une commission d’enquête royale sur la justice québécoise s’il devait éventuellement occuper le poste de ministre de la Justice. De par cette approche, Mr Bertrand semblait vouloir inhiber, entre autres, l’éclosion d’une justice dite parallèle de plus en plus présente, pour ne pas dire envahissante dans nos cours de justice.

Ce mois de septembre fut donc des plus riches en réactions de toutes sortes, car de telles déclarations avaient été loin de plaire à Mr Gil Rémillard, alors ministre de la Justice sous l’ère Bourassa ( PLQ ). Selon Mr Bertrand, il y avait pourtant urgence d’agir avant qu’il y ait dérapage et surtout, afin de préserver la précieuse confiance des Québécois envers leurs propres instances juridiques. Naturellement, pareille remise en cause était d’une telle importance que l’exercice aurait éventuellement à être répété tous les vingt-cinq ans afin de garder les écuries bien propre.

Toutefois, l’appel de Mr Bertrand ne sembla jamais recevoir l’approbation escomptée auprès de la population du Québec, et même Mr Jacques Parizeau, alors chef du Parti Québécois, lui manifesta son entière désapprobation en allant jusqu’à lui retirer ses responsabilités de porte-parole du parti en matière de souveraineté.

Pour donner suite à ce retour en arrière, je vous inviterais fortement à prendre connaissance de certains propos concernant l’Opération Diligence qui furent dernièrement tenus par un animateur radiophonique bien connu, Sylvain Bouchard, au cours de l’émission « Bouchard en parle » du jeudi 5 septembre 2013 vers 8h45 ( Télécharger le document zip | 53,2 Mo ). De plus, la relecture des commentaires « Commissaire au lobbyisme ▪ Partie 1 : Un petit boulon dans l’engrenage … » et « Belle cravate : C’est tout ce qu’il te faut … » ne serait être que complémentaire à votre bonne compréhension, car si les temps changent tout autant que les acteurs, les mentalités, elles, se raffinent et s’incrustent chez ceux qui manquent de vigilance. Rien d’étonnant que le matin venu, si bien reposé, on réalise trop souvent et bien trop tard qu’il nous manque, encore, quelques brebis qui servirent de goûté à la ménagerie des bois environnant.

Mr Le Contribuable

Le vendredi 8 septembre 1989, Mr Guy Bertrand déclara : « Le Watergate, c’était une petite affaire. Ici, on parle de corruption de l’appareil juridique … », le samedi 9 septembre 1989, il ajouta : « Si la population savait ce que je sais, elle serait scandalisée ! » et le jeudi 14 septembre 1989, il conclut : « Un système judiciaire ne peut pas s’autonettoyer … C’est le seul pouvoir qui n’est jamais remis en cause … Les juges sont nommés à vie et ils sont grassement payés. Il peut donc arriver qu’il se crée un certain relâchement … De telles enquêtes se tiennent tous les 10 ans dans la plupart des pays occidentaux. Elle coûterait peut-être des millions de dollars, mais une seule élection coûte déjà 35 millions de dollars et se tient tous les quatre ans … On dit que ce n’est pas le temps de parler de justice en période électorale, mais si on en parle pas maintenant, quand est-ce qu’on va en parler ?

Photo : Mr Guy Bertrand

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QuébecTribune  Dumas Jean-François 001

De petits mots de Jean-François Dumas …

Ma deuxième citation digne de souvenance impose un certain respect envers son auteur. En effet, Mr Jean-François Dumas, président de la firme « Influence Communication », eut la rhétorique plutôt cinglante lors d’un échange avec Mr Jean-Francois Lépine dans le cadre de sa participation à l’émission « Bazzo.tv » ( Visionner l’émission | Bazzo.tv ), émission qui fit l’objet d’une première diffusion le jeudi 29 novembre 2012. À l’époque, Mme Marie-France Bazzo s’interrogeait sur l’apparente propension de nos grands médias à se regarder le nombril comme déjà citée dans une intervention précédente intitulée « Citations de journalistes : De petits mots, mais de grandes idées ».

À cette occasion, Mr Dumas avait mis la table en déclarant que le but premier du journalisme était de rapporter la nouvelle, mais que celui d’une entreprise médiatique était d’être rentable. Ce sur quoi, Mme Bazzo enchérit en déclarant que les autres entreprises du Canada voulaient sûrement, elles aussi, être tout aussi profitable que leurs homologues québécoises, mais que celles-ci parvenaient, pourtant, à diffuser 18 fois plus de nouvelles internationales que le Québec !

Quant à moi, ma réponse aurait été fort simple, car notre langue semble actuellement être notre plus grande richesse et notre plus grande prison ( Voir : Note 1 ). Par manque de vigilance, nous avons laissé nos instances journalistiques errer sans broncher. Désormais, contrairement à un anglophone qui serait libre d’adopter une multitude de restaurants, nous sommes prisonnier d’un seul, et son chef de cuisine, nous sachant captif, décida de couper dans la qualité et le mauvaise hygiène sans suivi. C’est la concurrence qui force l’amélioration, mais lorsqu’un même animateur de bulletin de nouvelles en est rendu à son trentième trophée sans jamais avoir mis sa propre tête sur le billot en diffusant le non diffusable, est-ce parce qu’il est tant aimé ou parce qu’il n’y a tout simplement pas suffisamment de choix pour rendre ledit concours viable ? Fin de parenthèse !

C’est alors que Mr Jean-Francois Lépine se mit à pleurnicher sur le fait que Radio Canada commençait à grandement souffrir de ces diaboliques compressions en provenance d’Ottawa qui rendrait la couverture internationale de plus en plus inaccessible. Ce sur quoi, Mr Dumas rétorqua que nous n’avions pas forcément besoin d’être en Égypte pour parler de l’Égypte. Juste un micro, le talent d’expliquer et l’amour du métier !

Mr Le Contribuable

Le jeudi 29 novembre 2012, Mr Jean-François Dumas déclara : « À Radio Canada, vous couvrez plus de nouvelles internationales qu’ailleurs, mais vous couvrez, aussi, moins de nouvelles qu’ailleurs. Moi, ce qui m’inquiète dans nos grands médias, c’est quand j’entends « Nous ne nous intéressons pas à l’internationale parce que nous n’avons pas les moyens d’envoyer quelqu’un sur place ! ». Alors, je leur dis « Parfait ! Étais-tu aux Canadiens hier soir ? Pourtant, tu en parles ! Achète-toi un journal et au moins, rapporte la nouvelle ! ». Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas sur place que nous n’avons pas d’opinions pour autant. C’est un réflexe bien québécois d’avoir absolument besoin d’un référent. Prenons le traitement médiatique dans l’année précédente les Jeux olympiques de Vancouver, car cela illustre tellement bien la réalité québécoise. À l’échelle internationale, la préparation des jeux faisait quotidiennement le top 5 ou le top 10 et au Canada, ça faisait quotidiennement le top 3, mais au Québec, il fallait quotidiennement faire un top 5 000 afin de pouvoir trouver lesdits jeux, et cette situation ne changea pas tant et aussi longtemps qu’il n’y eut pas un Québécois sur place ! ».

Note 1 : Pour être un peu plus précis, la situation du français n’est absolument pas une prison en soi, mais on en fait, malheureusement, une prison. Un cadenas n’est, après tout, rien de plus qu’un verrou ! Placé à la porte de sa remise, il protégera donc vélo de montagne et outils d’entretien, mais placé à la porte de la chambre à coucher d’une personne âgée, ce même cadenas prendra une tout autre signification. De la même façon, si on place un monolingue francophone avec un monolingue anglophone dans une même pièce, ceux-ci finiront bien, après quelques instants, par communiquer entre eux ! Maladroitement, mais sûrement ! Par contre, faudrait-il encore que nos médias ne nous inculte pas sciemment ce sempiternel désir farouche de rester seul dans son coin, entre bons Québécois de souche.

Photo : Mr Jean-François Dumas

Citations de journalistes : De petits mots, mais de grandes idées …

QuébecTribune est un blogue, pour ne pas dire le bogue salvateur de l’humble contribuable que je suis, et je me qualifierais simplement de grand déçu par opposition à une majorité qui pourrait être portée à plutôt me qualifier de carrément cynique.

Je l’ai sans doute déjà dit, mais je ne dois mon respect à absolument aucun politicien, car si certains roucoulent, en temps de scrutin, tout en faisant étalage de leur plus beau ramage, une fois mon petit vote obtenu, ceux-ci deviennent déjà tellement plus condescendent avant d’immigrer en première classe avec l’argent des petits pigeons que nous sommes.

Le respect, ça se mérite, et lorsqu’un contribuable contribue sans être respecté, il n’est pas cynique, mais simplement déçu. Pourtant, pareille situation lui donnerait même le droit d’être en colère où est donc l’offense ! Nul besoin d’en ajouter, car il sera toujours plus facile, pour notre élite, de lancer une pierre à Mr et Mme Toutlemonde en qualifiant ceux-ci d’être les infâmes porteurs d’un cynisme affirmé, plutôt que de se juger soi-même.

Dans les faits, nous sommes cyniques lorsqu’on se retrouve sur la passerelle du beau gros bateau d’un ami à qui on vient d’octroyer une faveur au nom d’une collectivité dont on dit représenter les intérêts tout en cherchant un moyen de refacturer sa dernière consommation sur son propre compte de dépense.

Toutefois, il y a encore plus cynique, car il y aura toujours ceux qui voient et qui se taisent tout en se qualifiant d’élus sanctifiés bénéficiant d’un si grand sens moral.

Par contre, il y a parfois certaines petites phrases que l’on devrait savoir attraper au vol afin de les inscrire au mur ou au dessus d’une grande porte. Des petites phrases à l’apparence anodines, mais qui sont pourtant tellement moins insignifiantes qu’un obscène et si vide de sens : « Je vous promets … ». Le tangible changement naissant de la conviction d’une simple plume, plutôt que par une poubelle en flamme, j’ai donc décidé de commencer cette rubrique qui évoluera, je l’espère, au gré des citations éclairées.

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QuébecTribune  Boileau Josée 001

De petits mots de Josée Boileau …

Ma première citation digne de souvenance impose un certain respect envers son auteur. En effet, Mme Josée Boileau parvint à en dire beaucoup en bien peu de mots grâce à une simple petite question fort bien placée émise dans le cadre de sa participation à l’émission « Bazzo.tv » ( Visionner l’émission | Bazzo.tv ), émission qui fit l’objet d’une première diffusion le jeudi 29 novembre 2012. À l’époque, Mme Marie-France Bazzo s’interrogeait sur l’apparente propension de nos grands médias à se regarder le nombril et avait ainsi décidé de présenter son sujet : « Les Québécois raffolent de faits divers, de sports, de politique et de nouvelles locales. C’est quatre thèmes occupent, à eux seuls, 58 % de l’espace médiatique. L’information internationale compte, quant à elle, pour à peine 0,5 % du total de notre actualité, soit beaucoup moins qu’en Europe et qu’aux États-Unis. Si le règne des trois « S » est bien connu dans les médias ( Sang, Sexe et Sport ), la tendance est à la proximité. Parler embouteillage, nids-de-poule et météo est plus vendeur que de parler de libre-échange. Une triste histoire de DPJ fait couler plus d’encre que les problèmes environnementaux de la Chine. On peut dénombrer des centaines de morts dans une catastrophe en Afrique, mais une nouvelle sur des piétons fauchés ici aura davantage d’impact. Drame familial, tueur en série, crime organisé, les médias sont obsédés par les affaires judiciaires. Le consommateur de nouvelle est ainsi fait ! Il ne veut pas savoir ce qui se passe dans la cour du voisin, car préférant se limiter à ce qui se passe dans la sienne. Coudon, les médias québécois se regardent-ils le nombril ? ».

Riche de quelques chiffres, Mr Jean-François Dumas, président de la firme « Influence Communication », vint nous apprendre que certaines semaines, Carey Price occupait, à lui seul, autant de place que toutes nos nouvelles internationales réunies, et que l’on continuait, pourtant, de mourir en Syrie. Notre 0,5 % de nouvelles internationales était donc fort misérables derrière une bonne dizaine de pour cent en France. Sans parler de la Norvège où la couverture médiatique internationale atteint un niveau carrément gênant pour les Québécois.

Mr Jean-Francois Lépine, invité spécial de la semaine, y alla donc d’une réflexion aux allures de question en s’interrogeant, à haute voix, sur les raisons réelles qui pourraient faire en sorte que le moindre fabricant de produits ou pourvoyeur de services québécois n’aurait pas concrètement, dans son quotidien, à devoir s’intéresser à tout ce qui se passe dans le monde. C’est à ce moment que Mme Josée Boileau lui répondit qu’il faudrait plutôt chercher à savoir si c’était les Québécois qui ne s’intéressaient pas aux nouvelles internationales ou les médias québécois qui croyaient que les Québécois ne s’y intéressaient pas.

Ce sur quoi, je me permettrai d’ajouter qu’il y a rarement de mauvais sujets et trop souvent de mauvais professeurs. Pour rendre un sujet à la portée de tous tout en sachant maintenir l’intérêt de l’auditoire, faut-il encore avoir les aptitudes intellectuelles inhérentes à la tâche tout en étant instigué par ce feu sacré que constituent nos propres convictions. « Communiquer » est avant tout de faire un pas vers l’autre, sans cela, l’aventure ne se résume plus qu’à une simple opération commerciale. Dès lors, l’histoire se veut plus émotive, d’une question tendancieuse on diabolise un intervenant, et d’un usage abusif du conditionnel on remplace des faits établis par de boiteuses hypothèses. Reste à la direction de prendre le plus croustillant des scénarios proposés afin de tisser, afin de réduire notre bulletin d’information au simple rang d’une mauvaise télé-réalité, car il est tellement plus simple de nous distraire en nous racontant, plutôt que de nous distraire en nous instruisant ! Paresse intellectuelle teintée de mercantilisme !

Toutefois, tenir son auditoire dans l’ignorance, c’est aussi l’emprisonner pour mieux le contrôler. Présenter l’actualité d’un seul point de vue pour que nous n’ayons plus à nous culpabiliser de ne pas raisonner, présenter un monde plat afin que nous n’ayons plus à comprendre celui qui habite au-delà de l’horizon, simplifier notre schéma de penser jusqu’à ce point limite où nous nous contenterons d’une simple liaison par procuration en occupation double. Riche d’une expérience sans saveur, nous finirons bien par acheter l’une de ces petites revues débilitantes qui ornent si bien l’allée des caisses dans les supermarchés !

McDo, Boulot et dodo ! Sommes-nous seulement encore libre ? … Après cela, on viendra se travestir en grand tribun en réduisant notre noble unifolié au simple rang d’une toge tout en se définissant comme étant le digne représentant d’un grand peuple sans réaliser, pour autant, que nous ne sommes même plus capables d’user du mot « nous » plutôt que de cet évasif « on ». Est-ce là, les frêles fondements de l’affirmation de notre peuple voué à éternellement voter avec leurs émotions faute de ne vouloir le faire avec leur raison ?

Mr Le Contribuable

N.B. Pendant le scandale entourant cette fâcheuse petite agression entamée par Jonathan Roy, je m’étais retrouvé devant mon téléviseur, comme à l’accoutumée, bien calé dans mon fauteuil. Après des milliers de visionnements de la même séquence vidéo diffusés à la manière d’une véritable torture vietcong visant le lavage de mon malheureux cerveau, j’avais eu l’idée saugrenue de changer de chaîne afin de voir si un second événement d’importance avait ainsi pu ébranlé notre digne civilisation. Encore conscient, je parvins donc miraculeusement à changer ma populaire TVA / LCN pour une professionnelle TV5, et m’évita, de par la même occasion, cette désagréable étape des convulsions, et surpris, je découvris plus ! Imaginez ! Un jeune guerrier papou n’ayant même jamais aperçu l’ombre d’une toilette, avait entamé une véritable odyssée afin d’atteindre l’une de nos plus grandes capitales. L’expérience avait pourtant dû être fort difficile pour ce noble fils de la terre pour qui notre planète était encore un monde parfaitement plat la veille, mais l’aventure en valait la peine, car une compagnie pétrolière s’était désormais installée dans sa pleine. N’étant nullement importunés par une législation appropriée, les déversements avaient vite commencé, et ce qui était, dix ans plus tôt, une riche jungle équatoriale était devenu une bien lugubre steppe de petits cailloux et de maigres arbustes. La rivière, quant à elle, nous livrait désormais un incroyable spectacle, car sous l’effet d’une mixture indéterminée sortant d’un gros tuyau, l’eau s’était carrément gélifiée telle une improbable galantine. Triste spectacle, mais que vaut le sort de l’humanité face à une futile vox populi démunie de toute objectivité … Est-ce les Québécois qui ne s’intéressent pas aux nouvelles internationales ou les médias québécois qui croient que les Québécois ne s’y intéressent pas ?

Le jeudi 29 novembre 2012, Mme Josée Boileau déclara : « Est-ce que ce sont les Québécois qui ne s’intéressent pas aux nouvelles internationales ou les médias québécois qui croient que les Québécois ne s’y intéressent pas ? ».

Photo : Mme Josée Boileau

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QuébecTribune  Latreille Christian 001

De petits mots de Christian Latreille …

Ma deuxième citation digne de souvenance impose un certain respect envers son auteur. En effet, Mr Christian Latreille fut amené à réagir lorsque Mr Alexandre Duplessis, maire de Laval par intérim, annonça, au cours d’une conférence à sens unique donnée le vendredi 31 mai 2013, qu’il avait demandé au ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, de mettre sa ville en tutelle. Pareille annonce devant constituer la réaction officielle de l’administration municipale relativement à certaines allégations de Me Jean Bertrand qui, au cours des audiences de la commission Charbonneau de la veille, était allé déclarer que presque tous les conseillers municipaux élus sous la bannière du PRO des Lavallois depuis 1997, dont le maire actuellement en poste, avaient usé d’une politique occulte visant le remboursement de contributions politiques.

Mr Christian Latreille, journaliste de l’émission « Enquête », fit donc acte de présence sur le plateau de l’émission « 24 heures en 60 minutes » ( Visionner l’émission | 24 heures en 60 minutes ) afin de faire le point avec Mme Anne-Marie Dussault sur ce dossier. C’est à ce moment que Mr Latreille n’hésita pas à rappeler que lui et son équipe étaient déjà parvenus, de par le passé, à trouver certains témoins pour pareils comportements, tout en spécifiant que de telles magouilles semblaient déjà être en place à cette époque lointaine où Mr Vaillancourt n’était encore que le président du comité exécutif sous le règne de Mr Claude Ulysse Lefebvre. Aujourd’hui, qui pouvait donc venir candidement plaider l’ignorance ?

Étant donné le déroulement des événements, Mr Latreille eut la décence, contrairement à la majorité, de ne point faire un usage abusif d’une retenu mal placé et ajouta avec conviction que le DGE avait désormais un sérieux examen de conscience à faire, car les Québécois avaient eu doit, au long des années, à leur lot d’enquêtes distingué n’ayant abouti sur absolument rien ! Désormais, le DGE aurait donc à faire mieux !

En effet, le DGE a un sérieux examen de conscience à faire, et il devra en faire beaucoup afin de démontrer à tous qu’il est le réel chien de garde qu’il dit être ! Toutefois, pour être un véritable chien de garde, doit-il encore avoir de bonnes dents et vouloir s’en servir avec force et convictions ? … Car si l’équipe d’Enquête est parvenue à trouver, de par le passé, tout ce qu’elle a trouvé avec les moyens de la SRC, qu’aurait-elle réussi à découvrir si elle avait eu les immenses pouvoirs juridiques du DGE ? Je ne le sais pas ! … En attendant, Mr Marcel Blanchet s’apercevrait-il seulement si un éléphant ou deux décidaient de se faire bronzer sur sa pelouse ? J’en doute !

Mr Le Contribuable

Le vendredi 31 mai 2013, Mr Christian Latreille déclara : « Il y a aussi le directeur général des élections qui va devoir mener son enquête. Parce qu’en ce qui concerne les allégations de Me Bertrand devant la commission Charbonneau, celles-ci concernant le financement des partis politiques, je pense donc que le DGE aura un travail d’enquête à faire ». Mme Dussault ajouta : « Est-ce qu’on pourra s’y fier ? », et Mr Latreille de répondre : « Bien, écoutez ! Dans la mesure où Me Bertrand a déposé des preuves, et qu’on est en mesure de retrouver des chèques, de retrouver des dons, je pense effectivement que le DGE a un devoir de mener une enquête sérieuse … Vous savez, le DGE a un sérieux examen de conscience à faire ! Il y en a déjà eu des enquêtes du DGE et on n’a jamais été capable de rien démontrer. Attention, il va falloir donner des ressources au DGE. Il y a la Loi, et ces lois seront, en principe, améliorées au cours des prochains mois. D’autres lois seront votées pour renforcer et tout ça. Alors, le DGE va devoir faire un travail plus sérieux pour convaincre les gens qu’il est le chien de garde du financement des partis politiques au Québec. ».

Photo : Mr Christian Latreille

Commissions scolaires : Libérons Barabbas tant qu’à y être …

Dans un temps lointain, nos instituteurs pouvaient encore se désâmer à tenter de transmettre un certain savoir dit de base à nos enfants via, notamment, l’enseignement religieux. Naturellement, cette période fait désormais bel et bien parti de notre passé, mais le savoir qui est aujourd’hui transmis dans nos écoles en est un des plus aseptisés, pour ne pas dire totalement déraciné de notre histoire. Notre positionnement sur la ligne du temps se limitant désormais à un simple « Après la dernière victoire de la Coupe Stanley », mais « Avant le dernier show de Lady Gaga » faute d’un bien établi « 2 000 ans après Jésus-Christ ». Nos références historiques commencent à se perdre, et il en va donc de même de l’origine des mots. Comme si la civilisation avait pris naissance à notre naissance ! Que de narcissisme pour mal nanti de matière grise !

Prenons ce préfet de Judée qui acquit une grande notoriété de par son refus de reconnaître ses responsabilités entourant les actes qu’il avait, pourtant, accomplis devant tous. Dans le Nouveau Testament, les mentions de Ponce Pilate nous ramènent tous inexorablement à la comparution d’un certain Jésus fils de charpentier devant la justice de Rome ( Voir : Note 1 ).

Selon l’histoire, le fils de Joseph avait été arrêté au cours de la nuit précédente à Gethsémani. Ce sont les émissaires des grands prêtres qui étaient allés y chercher, car Judas venait de trahir son ami. Dès lors, on convoqua le Sanhédrin ( Grand Conseil ) et l’accusé fut reconnu de blasphème, car nul ne pouvait se proclamer Roi des juifs, mais le pays étant sous l’autorité de l’aigle, le préfet devait nécessairement entériner le tout afin qu’une condamnation à mort puisse enfin être prononcée.

Toutefois, Ponce Pilate ne trouva aucun motif raisonnable pour justifier une telle punition, et ce, même après à un long interrogatoire. C’est alors que le Romain proposa à la foule de faire grâce à un prisonnier à l’occasion de Pâque, mais même si le préfet présenta l’homme « Ecce homo », ce fut un brigand du nom de Barabbas qui eut droit à la clémence de Rome, car le peuple avait ainsi parlé.

C’est à ce moment que Ponce Pilate prit de l’eau et se lava les mains tout en proclamant à la foule : « Je suis innocent du sang de ce juste ; vous, vous y aviserez ». Avec de telles paroles, même s’il reconnaissait l’innocence de l’accusé, ce dernier fut quand même livré au supplice de la croix, et l’inscription que le Romain y fit ajouter ni changea absolument rien ( Voir : Note 2 ).

Même après deux mille ans, l’image demeure toujours des plus forte, mais qui se soucie encore des idées derrière les mots ? Comme si le sens du sacré avait nécessairement à être jeté en même temps que la religion. Désormais, la réussite compte plus que l’effort, comme si le fait de simplement se lever chaque matin afin de pouvoir noblement payer nos taxes n’était pas, en soi, un geste amplement suffisant pour imposer le respect. Sommes-nous seulement entendus ?

QuébecTribune  Malavoy Marie 001

Dans son budget 2013/2014 déposé le mardi 20 novembre 2012, le Parti Québécois avait décidé de cesser de verser d’une subvention de 150 millions de dollars ( Voir : Note 3 ) aux commissions scolaires, mais Mme Marie Malavoy ( Ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport ) décida d’en exiger encore plus via un effort supplémentaire de 65,1 millions de dollars, soit un effort supplémentaire de 0,9 % du budget des commissions, pour un total de 215 millions ( Voir : Note 4 ), tout en déclarant que cesdites instances pouvaient toujours diminuer leurs dépenses, puiser à même leur surplus, faire un déficit ou augmenter les taxes afin d’obtenir de l’argent neuf, soit le notre ( Voir : Note 5 ).

Nul besoin d’une commission Ménard pour savoir ce qui pousse les gens à si facilement descendre dans la rue, car il ne nous suffit plus que de regarder ce qui nous reste dans nos poches après le passage de ces élus qui veulent notre bien. Des administrateurs non accrédités étant totalement démuni de cette étincelle qui permet aux entrepreneurs privés de réellement créer de l’argent neuf. Sur ce, il ne faudrait surtout pas se méprendre, notre élite est bien souvent composée de réels spécialistes des communications plutôt que de réels spécialistes de la gestion. Ce qui explique, quant à moi, bien des choses ! D’un simple geste, les chiffres qui étaient encore cachés la veille deviennent désormais bien visibles, mais d’un second geste, ces mêmes chiffres sont  aussitôt pelleter dans une autre cour administrative ! Que la vie est belle pour celui qui ne veut pas voir !

Que devons-nous comprendre lorsque nous allons payer taxes et licences à l’un de ces rares points de services aux allures de véritable bunker tout en étant répondu par un agent ayant dûment été sélectionné pour ses connaissances et son expérience en intervention en délinquance ? Que doit-on comprendre lorsque ledit agent nous dit que nous aurons à payer des frais administratifs fictifs, car ayant préféré un simple paiement en argent plutot qu’un paiement via internet ? Que devons-nous comprendre lorsqu’un ministre oriente une instance vers des hausses de taxes tout en s’en lavant les mains ?

Dans le plan budgétaire 2013/2014, les contribuables québécois pouvaient lire en page A.32 : L’ajustement apporté au programme de péréquation aura pour effet de réduire les revenus de subvention de certaines commissions scolaires. Les commissaires, afin de maintenir l’équilibre budgétaire, devront réduire les dépenses sans affecter les services aux élèves. Alternativement, ils pourraient choisir de hausser les revenus. Il s’agit de choix difficiles, mais tous les élus doivent y faire face ( Télécharger le document pdf | Budget Planification 2013-2014 ).

Gérer, c’est avoir à prendre des décisions, et si l’une de ces décisions est de démanteler les commissions scolaires qu’on le fasse sans diaboliser, au préalable, ces hommes et ces femmes qui y travaillent quotidiennement ( Voir : Note 6 ).

Madame Malavoy fut élue pour gérer, mais elle fit des choix tout en donnant au suivant le fardeau de ses propres actions. Je croirais entendre : « Je suis innocente de ces taxes que doivent payer ces justes ; vous, vous y aviserez ! » Certain trouverons ma comparaison comme étant politiquement mesquine, et je leur répondrai dans l’affirmatif, car dans le cas de Ponce Pilate, il y avait du regret d’avoir à répondre ainsi au peuple tout en faisant l’inavouable ( Voir : Note 7 ).

Décidément, aurions-nous perdu le sens du sacré en acceptant qu’un père de famille ne puisse plus honnêtement nourrir ses enfants sans avoir à faire toujours plus de choix ? Malheureusement, ce n’est pas en suivant le premier bouffon travesti en banane que nous y changerons quelque chose, mais qui serais-je pour vouloir ainsi lancer la première pierre ! En attendant, ce que j’ai écrit, je l’ai écrit.

Mr Le Contribuable

Note 1 : Les chapitres 18 et 19 de Jean, 23 de Luc, 15 de Marc et 27 de Matthieu rapportent le renvoi de Jésus du Sanhédrin à Pilate, son interrogatoire, la pression de la foule, et la libération de Barabbas.

Note 2 : « INRI » est l’acronyme de l’expression latine « Iesvs Nazarenvs, Rex Ivdæorvm », soit « Jésus le Nazaréen, Roi des Juifs ». Cette citation fut celle qui dut être inscrite sur un bout de bois et ajoutée à la croix du Christ par ordre d’un Ponce Pilate qui y tint ( Voir : Note 8 ) malgré une volonté ecclésiastique qui aurait nettement préféré un « Cet homme a dit : Je suis le Roi des Juifs ».

Note 3 : Le mercredi 28 novembre 2012, Mme Malavoy déclara : « Mme Malavoy : Bien, tout d’abord, Mr le Président, j’apprécierais, venant de la CAQ, qu’on salue le fait que nous ayons été chercher 150 millions de dollars d’une aide qui était temporaire et que nous remettons dans les coffres de l’État québécois. Il me semble que c’est une mesure de saine gestion. Cela dit, les commissions scolaires, vous le savez comme moi, ce sont des instances qui sont composées d’élus à la table des commissaires. Ils feront les choix qui s’imposent selon leur situation. Ils pourront décider d’augmenter leurs revenus, ils pourront décider de diminuer leurs dépenses, mais nous leur demandons de prendre leurs responsabilités. Nous sommes sûrs d’avoir eu raison de mettre fin à une aide additionnelle qui était temporaire … il s’agissait, depuis 2006, d’une aide temporaire pour aider les commissions scolaires à faire face à un boom immobilier. Ce que cela veut dire, c’est que c’est l’État du Québec qui a payé à même ses réserves pour compenser les commissions scolaires pour une période. Elles n’ont plus besoin de cette aide à ce moment-ci. Nous disons qu’elles prennent leurs responsabilités. Elles choisiront la façon de régler le problème, mais nous pensons que c’est de la saine gestion que d’avoir mis fin à cette aide. »

Note 4 : Le budget total des commissions scolaires est de 7,2 milliards de dollars, et leur budget administratif est de 550 millions de dollars. Toutefois, les commissions scolaires du Québec avaient déjà dû éponger, en 2010, des coupures totales de 300 millions de dollars.

Note 5 : Le mercredi 13 février 2013, Mme Malavoy déclara : « Les commissions scolaires sont un palier de gouvernement régional en ce qui concerne l’éducation. Elles ont ce que n’ont pas du tout les universités, un pouvoir de taxation … Si vous payez actuellement 0,21 $ [ pour chaque ] 100 $ d’évaluation pour votre propriété et que la loi permet [ un maximum de ] 0,35 $, on dit aux commissions scolaires « vous pourriez choisir d’augmenter [ les taxes ] de quelques sous et vous iriez chercher de l’argent neuf. Il n’y a pas de raisons que ce soit tout le Québec qui paie pour que vous gardiez un taux de taxation plus bas que ce que la loi permet ». »

Note 6 : Le jeudi 14 février 2013, La présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Mme Josée Bouchard, a réagi à la gouvernance du PQ en déclarant : « Oui, [ la hausse des taxes scolaires ] est une option, mais en même temps, ça n’a pas de bon sens de faire monter outrageusement le compte de taxes des contribuables. Cette année, on est dans une révision du rôle de l’évaluation municipale et pour les contribuables, ça pourrait représenter une augmentation très substantielle … Si j’étais paranoïaque, je me demanderais si le gouvernement n’est pas en train de s’organiser pour qu’effectivement, la population veuille encore plus l’abolition des commissions scolaires. ».

Note 7 : Dans un article de « La Presse canadienne » publié le dimanche 4 août 2013, Mme Marie Malavoy ( Ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport ) se serait refusée à critiquer la décision de certaines commissions scolaires visant l’augmentation des taxes scolaires rendue nécessaire par d’imparables coupures dans leur budget annuel.

Note 8 : Lorsque les grands prêtres voulurent modifier la citation de Ponce Pilate, celui-ci leur répondit « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit », et rien ne fut donc changé à ladite inscription.

Photo : Mme Marie Malavoy

Citations de politiciens : De petits mots, mais de grandes idées …

QuébecTribune est un blogue, pour ne pas dire le bogue salvateur de l’humble contribuable que je suis, et je me qualifierais simplement de grand déçu par opposition à une majorité qui pourrait être portée à plutôt me qualifier de carrément cynique.

Je l’ai sans doute déjà dit, mais je ne dois mon respect à absolument aucun politicien, car si certains roucoulent, en temps de scrutin, tout en faisant étalage de leur plus beau ramage, une fois mon petit vote obtenu, ceux-ci deviennent déjà tellement plus condescendent avant d’immigrer en première classe avec l’argent des petits pigeons que nous sommes.

Le respect, ça se mérite, et lorsqu’un contribuable contribue sans être respecté, il n’est pas cynique, mais simplement déçu. Pourtant, pareille situation lui donnerait même le droit d’être en colère où est donc l’offense ! Nul besoin d’en ajouter, car il sera toujours plus facile, pour notre élite, de lancer une pierre à Mr et Mme Toutlemonde en qualifiant ceux-ci d’être les infâmes porteurs d’un cynisme affirmé, plutôt que de se juger soi-même.

Dans les faits, nous sommes cyniques lorsqu’on se retrouve sur la passerelle du beau gros bateau d’un ami à qui on vient d’octroyer une faveur au nom d’une collectivité dont on dit représenter les intérêts tout en cherchant un moyen de refacturer sa dernière consommation sur son propre compte de dépense.

Toutefois, il y a encore plus cynique, car il aura toujours ceux qui voient et qui se taisent tout en se qualifiant d’élus sanctifiés bénéficiant d’un si grand sens moral.

Par contre, il y a parfois certaines petites phrases que l’on devrait savoir attraper au vol afin de les inscrire au mur ou au dessus d’une grande porte. Des petites phrases à l’apparence anodines, mais qui sont pourtant tellement moins insignifiantes qu’un obscène et si vide de sens : « Je vous promets … ». Le tangible changement naissant de la conviction d’une simple plume, plutôt que par une poubelle en flamme, j’ai donc décidé de commencer cette rubrique qui évoluera, je l’espère, au gré des citations éclairées.

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QuébecTribune  Duchesneau Jacques 001

De petits mots de Jacques Duchesneau …

Ma première citation digne de souvenance impose un certain respect envers son auteur. En effet, Mr Jacques Duchesneau profita d’une rencontre organisée par les amis du quotidien « Le Devoir » ( Activité venant souligner la Journée mondiale de la liberté de la presse du jeudi 3 mai 2013 ) pour déclarer que nos grands médias québécois devraient tout bonnement cesser de quotidiennement nous présenter nos grands dossiers à la manière de petites pièces sans grandes relations entre elles, car préférant toujours miser sur un effet spectacle aujourd’hui plutôt que sur un sain travail d’enquête demain.

Après mûres réflexions de notre part, force est d’admettre que ce n’est sûrement pas en voyant quotidiennement deux ou trois pièces d’un même grand casse-tête que la population finira par en découvrir toute la complexité d’un même portrait de notre actuelle réalité ( Visionner l’événement | Rencontre-Débat ). Miser sur une vision globale nous aurait pourtant menés vers de si efficaces réactions ! Malheureusement, ce ne fut que quelques mots qui passèrent inaperçus dans la tourmente de l’événement, mais des mots qui auraient su impliquer un réel premier pas vers l’émancipation du Québec. Plutôt rare pour un policier devenu politicien sur une tribune de professionnelles des communications qui ne furent point assez futées pour dire mieux.

Pendant ce temps, Mme Marie-France Bazzo déclarait que le principal obstacle à la liberté de la presse québécoise n’était pas la censure, mais bel et bien l’autocensure. Fier de pareils aveux, aucun membre de notre élite journalistique ne réalisa qu’ils n’avaient eux-mêmes su trouver la force nécessaire pour venir avouer qu’il existait, aussi, un certain journalisme mû par le profit personnel, soit un journalisme malhonnête ! Pareille réalité ayant encore dû être soulignée par Mr Duchesneau.

Actuellement, la construction est synonyme de collusion le lundi, les maires et les firmes d’ingénierie se bousculent aux grilles d’entrée de nos palais de justice le mardi, mais absolument personne ne s’interroge, le mercredi, sur les raisons qui menèrent le R.I.O. à refuser que Roger Taillibert ne puisse enfin consulter ce rapport classé confidentiel depuis 2009 concernant l’état réel du stade olympique. La clef résiderait-elle dans la facture d’entretien ? Je ne le sais pas, car la nouvelle d’aujourd’hui concerne la couleur du prochain toit !

Mr Le Contribuable

Le jeudi 3 mai 2013, Mr Jacques Duchesneau déclara : « Le journaliste n’est pas seulement une courroie de transmission de l’information qui lui a été donnée, mais il est aussi une aide afin de faire voir le portrait global ! On ne peut pas continuellement traiter un événement touchant une industrie en revenant sans cesse avec un scoop de premier niveau chaque jour, si à un moment donné on ne fait pas un pas en arrière afin de tenter de faire comprendre aux gens quels sont les véritables enjeux globaux. Mais où est la forêt, car il n’y a pas juste l’arbre ? Je pense que c’est cela qu’on s’attend de nos journalistes, soit l’obtention d’une perspective globale. »

Photo :  Mr Jacques Duchesneau

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QuébecTribune  Curzi Pierre 001

De petits mots de Pierre Curzi …

Ma deuxième citation digne de souvenance impose un certain respect envers son auteur. En effet, Mr Pierre Curzi n’hésita pas à réagir à ces quelques paroles émises par Mr Stéphane Baillargeon lors de la même rencontre que celle déjà citée pour Mr Duchesneau, datée du jeudi 3 mai 2013. En effet, Mr Baillargeon profita dudit événement pour dénoncer une certaine « infobésité », soit un paradoxal phénomène de surabondance d’information, et déclara qu’il fallait impérativement avoir recours aux filtres professionnels des médias afin de venir soupeser pareil débit d’infos dans un cadre un peu plus objectif que ce que nous trouvons actuellement sur le net. C’est-à-dire une grande toile où nous retrouvons de tout et de rien, car ce serait énormément des bêtises et de la même nouvelle remâchée dans un style agencier. Ce qui pourrait fort bien décrire, quant à moi, le travail effectué à coup de millions de dollars diffusé sur certaines grandes chaînes d’information en continu présentement en onde, mais cela n’est que mon opinion.

Toutefois, Mr Pierre Curzi vint remettre les pendules à l’heure en allant courageusement déclarer que la multiplication des opinions primait désormais l’information ( Visionner l’événement | Rencontre-Débat ). L’actualité prenant désormais les allures d’un mauvais film, où celui qui fait l’événement devait impérativement devenir un « bon » ou un « méchant », et de fil en aiguille les questions devant inlassablement orienter le débat afin que le scénario puisse ainsi prendre forme. Toutefois, cela induirait aussi qu’il faudrait désormais commencer à s’interroger sur le fait qu’une même information traitée par divers médias puisse ne pas forcement permettre l’atteinte de mêmes conclusions, car dans pareil cas, nous obtiendrions la démonstration que les scénarios changent d’une station à l’autre au détriment d’une information qui en perdrait toute cohésion.

Cependant, l’intervention de cet ancien acteur ne s’arrêta pas là ! Mr Curzi fit preuve d’un courage frisant la désinvolture en osant dire que nos journalistes n’avaient peut-être plus la capacité et la volonté de sainement retransmettre une information objective, car désormais, le prestige semblait grandement compter pour notre élite de la presse. Ce qui ne put être dit sans le sourire méprisant de certains journalistes, comme si ceux-ci ne savaient pas de quoi on parlait !

Je peux toutefois personnellement donner raison à Mr Curzi pour avoir moi-même vécu de semblables aventures. Lorsque je communique avec certains journalistes et animateurs connus, il n’est pas rare que j’aie à expliquer et à réexpliquer les mêmes informations, car la compréhension de certains de nos grands penseurs de l’opinion publique n’est, bien souvent, que purement superficielle. Préférant s’arrêter à une petite histoire d’accommodement raisonnable sans avoir à expliquer tout le dynamisme financier entourant une même problématique. Sommes-nous encore mus par le désir d’informer ou par celui de distraire ? Sur ce, je garderai le silence.

Mr Le Contribuable

N.B. Je n’ai jamais réellement apprécié la métamorphose de certains journalistes ou acteurs en politiciens ( Sauf dans certains cas précis ! ). Toutefois, je dois avouer que les propos de Mr Curzi, malgré son carré rouge, me plurent énormément.

Le jeudi 3 mai 2013, Mr Pierre Curzi déclara : « À un moment donné, nous avions créé, à mon bureau, un rapport concernant l’état du français au Québec et le parti ne tenait pas nécessairement à en faire la promotion. Je m’étais alors demandé comment nous pourrions faire pour rendre publique cette information qui m’apparaissait importante, et nous avons donc choisi des journalistes que nous avons invités à mon bureau afin de passer, avec eux, trois heures à leur expliquer, en quelque sorte, le mémoire dans son ensemble. Ce que nous avons donc fait, c’est un travail que les journalistes, je crois, n’ont plus nécessairement le temps de faire. Pourtant, il ne s’agissait que de simplement rendre publique une information que nous avions déjà accumulée, il y avait un portrait nécessaire et il fallait donc que ce soit rendu public. Toutefois, ça a pris beaucoup d’efforts, et je remarque souvent que les questions complexes, dans le journalisme en général, sont de plus en plus difficiles à rendre publique. Ça devient un problème, car il faut faire des efforts particuliers, choisir des gens, les informer un par un pour enfin être certain que le portrait sera, au moins, réellement bien rendu. À ce moment-là, c’est en dehors de la controverse, car nous sommes confrontés au jugement des journalistes. Est-ce que c’est intéressant pour mes lecteurs ? Est-ce que ça m’intéresse ? Est-ce qu’il y a un peu de matière pour que ce soit valorisant pour moi comme journaliste ? Et on tombe, avec tout ce phénomène là, dans une sorte de vedettariat du journalisme qui commence à être de plus en plus exigeant pour nous. »

Photo : Mr Pierre Curzi